mercredi 31 octobre 2007

LE BALAI MAGIQUE


Depuis maintenant plus de 10 ans c’est moi qui assure, avec un talent très limité, le devoir de mémoire dans notre famille… Ce rôle incombait auparavant à ma mère et à ma grand-mère. Maman le faisait avec réticence, mais de façon appliquée. Adrienne, en bonne italienne, faisait cela avec toute la faconde et l’aisance innée aux femmes du Sud. Elle donnait à ce rite social toute son ampleur et toute sa majesté. Privée, quand elle quitta Marseille pour venir s’installer à Bordeaux près de son fils, de la tombe de sa fille, objet légitime de ses soins assidus, elle avait retrouvé à la mort de papa, en 1987 cette activité cathartique et s’y livrait sans retenue, au grand dam de sa belle-fille qui avait le deuil douloureux et réservé.

Moi je suis carrément nulle. Et pour cause, personne ne m’a appris à adopter la bonne attitude ! Je faisais remarquer à Michel que les grands parents qui arrivaient en masse les bras chargés de pots multicolores, étaient bien souvent accompagnés de leurs petits enfants, vacances oblige. Finalement c’est bien qu’ils aient, ces grands parents modernes qui ont la chance d’être à la retraite tôt et d’être en forme longtemps, le temps, le soin et l’opportunité de transmettre ce devoir qui n’a rien d’inné. Car je vous jure, je me sens comme un manche moi, dans cette situation. L’achat des fleurs est la partie aisée de la démarche. Il faut ensuite se transporter vers le lieu du devoir, donc décider d’une date qu’on a toujours tendance à repousser, et ne pas trouver au dernier moment un mauvais prétexte pour ne pas y aller. Jusque là, tout va à peu près bien. Se garer, débarquer les bras chargés de pots encombrants, cela vous donne une contenance, et comme on est doublé par une foule dans la même situation, cela a un petit côté festif tout à fait sympa. Mais là où commence le quant-à-soi c’est lorsqu’on se retrouve face à face avec la pierre noire, quelle attitude adopter ? Que faire exactement ? Après la minute de recueillement d’usage, on se sent tout bête, on ne va tout de même pas repartir comme ça, si vite…

C’est alors qu’intervient le balai magique… Michel, qui avait réussi à garer la voiture, et m’a rejointe au moment où je commençais à piétiner vers l’arrière en me sentant un peu exclue de cette réunion familiale d’un type particulier, a eu le bon réflexe. Il est allé, lui, dans les cimetières avec ses grands-mères quand il était petit, et du coup, il sait, lui ! Il est arrivé tout guilleret en me disant « zut, on a oublié de prendre ce qu’il faut pour nettoyer »… j’ai bredouillé que j’y avais vaguement pensé mais que je ne savais trop comment m’y prendre. Je me suis emparée de la bouteille vide du voisin, c’est agréable dans les cimetières il règne une solidarité de fait entre voisin, je suis allée la remplir d’eau et nous avons astiqué avec beaucoup de soin le marbre noir qui n’avait pas connu pareille toilette depuis longtemps. Ensuite, ce devoir accompli et ayant constaté avec la satisfaction d’usage que cela avait tout de même meilleure allure comme ça, nous avons fait le tour des allées ensoleillées. Bien sûr l’histoire est un peu biaisée car dans un cimetière de village, on fait le tour des connaissances, nous, nous nous sommes contentés d’hommages discrets à quelques inconnus. Il faudra absolument que j’apprenne cela à mes petits enfants à mon tour, si j’arrive à faire quelques progrès cela devrait être à peu près correct comme transmission !

mardi 30 octobre 2007

VERDON, DES NOUVELLES DU FRONT


Débat public deuxième volet, hier soir, sous un chapiteau de plus en plus plein... J'ai même réussi à convaincre Michel de venir apporter son soutien à notre cause environnementale. Certes il a conservé son quant-à-soi et n'a pas participé au slogan leitmotiv que hurlaient toutes les 5 minutes pour égayer un peu le débat, des centaines de papis et de mamies déchainés "on n'en veut pas, on n'en veut pas". Mais bon, il est venu et nous sommes quand même restés 3 heures dans cette chaude ambiance, moitié manif, moitié débat.
Cette deuxième réunion avait beaucoup plus de tenue que la première, malgré les interruptions de la foule... Les intervenants avaient préparé de vraies questions techniques, dont les réponses importaient en fait peu à la foule présente puisque sa seule préoccupation est de faire échouer le projet. Mais il s'agissait de démontrer, en plus de cette opposition de principe, que le projet est mal ficelé, qu'il ne respecte ni la vocation touristique de notre région, ni les implications économiques d'une telle implantation, qu'il présente de réelles faiblesses sur le plan de la sécurité, sur celui de la navigation dans l'estuaire, et qu'enfin sa neutralité environnementale n'est que pré-requis non démontré par des concepteurs surtout désireux d'implanter une unité méthanière à bon marché (le port autonome de Bordeaux doit leur louer les terrains du Verdon pour un prix certainement plus attractif qu'à Antifer). Il s'agissait peut-être aussi d'alerter les hollandais sur des difficultés propres à la région qu'ils n'avaient sans doute pas envisagées... du genre de celles qu'il faudra surmonter pour construire le gazoduc en traversant, au choix, les vignobles du Médoc ou le parc de Royan !!! Comment voulez-vous qu'un hollandais moyen, qui n'a jamais bu une bouteille de Bordeaux, puisse concevoir, a priori, qu'il est quasiment impossible de traverser une vigne dont le moindre cep produit un nectar hors de prix. Du coup, un manager sans cervelle a tracé un projet de gazoduc qui traverse les plages de Royan, et avant de couper les vignobles de Petite Champagne, commence par se frayer un chemin dans le parc de Royan, entre des résidences secondaires aux surfaces microscopiques : on souhaite bien du plaisir aux juristes chargés de mettre ces tracés en pratique...
Les politiques étaient beaucoup plus présents et bien plus engagés contre le projet que la dernière fois, on sent très fort l'approche des élections municipales, et l'intérêt clientéliste qu'ils ont à soutenir ce mouvement populaire plein de bon sens saute aux yeux. Du coup, le mouvement d'opposition est soutenu tous azimuts par la droite et la gauche unies face à l'envihisseur industriel, batave de surcroît. Nous avons, contre tout espoir, battu les néos zélandais, on a tout espoir de bouter les zélandais tout court hors du Médoc !!
Alors dimanche, grande manif sur la plage de saint Georges, face aux futures cuves dont nous souhaitons tous qu'elles restent virtuelles sur des montages photographiques ! Nous ne pourrons malheureusement pas en être, mais si le temps reste aussi beau, la fête risque d'être joyeuse.

lundi 29 octobre 2007

LE DERNIER MOJITO


Fin d'arrière saison particulièrement clément, nous déjeunons encore sur la terrasse tous les jours... La menthe, se laissant abuser par la douceur de l'air, a des allures printanières : nous avons donc, avec les frimas, décidé de nous offrir le "dernier mojito"; ensuite ce seront les irish coffee qui prendront le relais ! Petit travers traditionnel cette manie du "dernier", dont j'aime à profiter en toute connaissance de cause, amochée par le "complexe des fleurs sur la tombe", celles qu'on apporte justement trop tard, griffée par les "derniers" que j'ai ratés parce que j'ignorais justement qu'ils fussent ultimes. Mais au-delà des blessures que la vie nous inflige, j'adore ces changements de saison avec la "dernière glace", le "dernier repas sur la terrasse", le "dernier mojito"... parce qu'ils sont suivis d'un recommencement, d'envies nouvelles, d'impressions fugitives d'une renaissance trompeuse. Les "premiers marrons grillés", la "première soupe", le "premier feu" de cheminée sont autant de colifichets un peu factices certes, mais d'authentiques clins d'oeil à la vie. Ils donnent désir de demain, ils le parent d'atours alléchants bien que ce demain soit une vieille connaissance. Oh, je sais ma réflexion n'a rien d'original et Delerm avant moi a assis sa fortune sur le plaisir minuscule de la gorgée de bière. Mais je n'ai, en matière d'épanchements, aucun complexe et vous livre ce petit bonheur avec simplicité, car souvent la vie s'accélère et nous prive de prendre le temps d'en parler. Avec en prime, l'énigme du jour : reconnaissez vous la pique dans les verres ??? Oui, oui, Avignon, et les Perriers du "bar de l'OM". Pour info, le bar de l'OM a fermé et est remplacé par un petit troquet sympa où l'on mange d'excellentes salades, servies par une délicieuse anglaise qui faisait du charme à votre papa... enfin je devrais plutôt dire au charme de laquelle votre papa n'était pas insensible ! Mais Avignon, c'est pour une autre saison ! Patience... On retournera bientôt à l'ex bar de l'OM !

samedi 27 octobre 2007

NOUVEL HIVER

Hier soir nous parlions des nouvelles, et de l’humble talent qu’il faut au novelliste pour aller à l’essentiel sans faire dans l’anecdotique ou le superflu. Tu me disais ton admiration pour Buzatti et m’invitais à relire le K… J’évoquais avec émotion l’efficacité parfaite de Camiglieri. Et pendant que tu voles vers la France, j’ai difficilement renoncé à mon fauteuil moelleux face à l’estuaire, mais cela en valait la peine. Hélène m’a un peu encouragée, et elle a eu raison ! Je viens d’aller voir un film japonais « Jours d’hivers », petit bijou sur le thème du renku. Le renku est une forme poétique merveilleuse, œuvre collective constituée de petits poèmes liés. La forme impose d’écrire deux strophes brèves, en reprenant à chaque fois la dernière strophe du précédent. C’est beaucoup moins surréaliste que les « cadavres exquis », cela ressemblerait plutôt à une joute littéraire à plusieurs puisque chacun connaît la dernière phrase du précédent et que l’histoire peut s’offrir avec une sorte de logique interne à rebondissements inattendus.

Le réalisateur a eu l’idée d’adapter un poème du XVIIème au cinéma en confiant chaque strophe à un réalisateur différent. Se succèdent donc une bonne trentaine de films d’animation, à la fois disparates et cohérents, dessins fondus, strictes lignes au trait, couleurs criardes et teintes assourdies, pâte à modeler et figurines habillées, profond désespoir et petits éclats d’humour… chacun a essayé de suivre à la fois le texte et celui qui avait animé avant lui. Le lien est offert par la superbe caligraphie des strophes qui scandent l’histoire, et qui reviennent toutes les deux minutes pour nous inviter au repos. L’ensemble désarçonne un peu si l’on n’est pas prévenu, mais à la fin un reportage offre à comprendre le défi et à en savourer pleinement la réalisation. On a des préférences, des moments d’inattention, des images qui accrochent, d’autres qui désorientent, dans l’ensemble c’est un bien joli moment qui vaut le détour. C’est comme un prisme de sensations et d’émotions variées, parfois douces, parfois négatives, peu importe finalement, il faut se laisser porter. Et le jeu pour ceux qui l’ont vu est bien sûr de dire quel épisode vous a le plus séduit… Pour ma part, pour en revenir au novelliste, ce serait l’interprétation farfelue par un jeune anglais d’une strophe où il est question de voleur et d’arbre, sur un mode sommaire mais d’une immense efficacité. En une minute 30 tout y est, le banal, la surprise, la chute, la morale et l’éclat de rire. Avec un parfait respect du texte, et en même temps une liberté totale.

Ma modeste contribution à ce délicieux moment, c’est la photo qui éclaire mon article… Pour offrir à mes lecteurs (lectrices pardon les filles !!) une goutte de la magie dont on se sent vibrer quand on quitte le « relais de la côte de beauté » au soleil couchant. Car après avoir vu un film écrit par 36 personnes et illustré par autant, on se sent le droit de participer !

Un site sur le renku

le film sur Allociné

lundi 22 octobre 2007

VIDE GRENIER

Instants magiques que ceux où l’on retrouve, après 3 mois ou 10 ans de silence, la complicité irremplaçable d’une vieille amitié. La caractéristique de ce genre de sentiment, c’est que peu importe le temps qui s’est écoulé depuis la dernière rencontre, on reprend la conversation juste où on l’avait interrompue. Avec Cathy, c’est depuis la 6ème qu’elle dure notre conversation à éclipses, et c’est un fil bien tissé qui se déroule sans heurt. On rit comme des folles sans pour autant bêtifier, on évoque Mademoiselle Magnon et ses déclinaisons latines ou notre vie actuelle et ses facéties pas toujours drôles, avec la même aisance. On peut broder sans inquiétude, réfléchir à haute voix, aborder tous les thèmes, même ceux que l’on n’aborde avec personne pour cause de pudeur ou de quant à soi, tout est naturel. Nous sommes même capables de nous comporter dignement en présence d’un tiers, je ne crois pas que nous ayons trop l’air de minettes en folie, échappées du zoo de Brétecher. Enfin j’espère que Michel ne ressent pas cela, il semble à l’aise avec nous, même si nous évoquons en pouffant la terreur que Mademoiselle Reulet inspirait à Cathy, (comme si elle avait jamais été susceptible d’être terrorisée par quelqu’un ou quelque chose), sa nouvelle vertu en termes aquatiques (elle est devenue experte toutes catégories d’eaux minérales ou de source), ses préoccupations fiscales ou culinaires, enfin bref il l’a adoptée tous azimuts.

Et puis avec une vraie amie, enfin une de ce genre là, tout devient possible : par exemple, nous sommes allées bras dessus, bras dessous à la brocante du dimanche matin : elle est passionnée et achète un peu pour acheter, beaucoup pour le plaisir, sa cave est plus grande que la mienne et peu lui importe qu’on ne puisse plus y rentrer tant elle est encombrée. Et puis elle a tant et tant de maisons à meubler ou à décorer qu’une pile d’assiettes de plus ou de moins ne l’effraie pas. En fait, la grosse différence entre nous c’est qu’un rien me panique, elle aussi j crois, mais moi je le montre, elle pas, au contraire, elle flambe et elle rit !

J'ai juré depuis longtemps qu’aucun nouvel objet ne rentrera dans cette maison que j’ai un mal infini à domestiquer, et les brocantes me dépriment au plus haut point. Avec Cathy, je me suis amusée comme une folle, discutant avec elle le prix des draps que je jetais avec soulagement cet été, ou ajustant mes lunettes pour lire le prix de meubles que je balançais avec fureur dans la benne de Pérignac… Nous avons arpenté la plage au soleil couchant, échangé des confidences exclusives, crapahuté dans les blockhaus malgré sa patte folle, bu très peu de vin et réinventé notre avenir... au cas où !! J’ai vaguement tenté, pour la centième fois, de lui expliquer internet, elle a vaguement tenté, pour la centième fois de m’expliquer le "monde" (c'est à dire qui est qui), ce qui compte c’est que nous nous sommes promis de nous revoir bientôt, et de recommencer sur le même tempo ! Aux petits oignons, avec ou sans vin blanc... la sauce est toujours exquise !

dimanche 21 octobre 2007

TOUT N'EST PAS SI NOIR


La coupe du Monde, c’est fini, N, I, on ne compatira plus sur les larmes de crocodile des gros malabars au coeur tendre : c’était carrément devenu très tendance de regarder pleurer les joueurs... même Robinson a failli fondre en eau samedi soir quand il a dû quitter le terrain !

Comme je suis très mauvaise joueuse, je n’ai même pas regardé le match vendredi soir. Et apparemment, d’après les copieux commentaires des uns et des autres, je n’ai rien raté. Les afficionados de rugby déploraient longuement une équipe à terre, incriminant tour à tour les argentins, l’entraîneur ou l’arbitre, oubliant que si un match est perdu ce sont les joueurs qui en ont portent la responsabilité. Les amateurs de ballon rond, quant à eux, avaient un petit air revanchard, du style « finalement le rugby ce n’est pas si terrible que ça » qui se nourrissait au mieux de l’humiliation subie par l’équipe de France, de sa désorganisation affichée, de son avant expulsé, de ses gestes déplacés, son mercantilisme suspecté et des sifflets inélégants du public lors de la sortie du capitaine argentin à 10 minutes de la fin du match. De là à dire que le public n’a que les joueurs qu’il mérite, le pas est facile à franchir. Seule la remise en question sera difficile à réaliser, de façon constructive et sereine. La médiatisation extrême de tous les événements sportifs (…et autres d’ailleurs, et les conséquences en sont alors bien plus lourdes) rend la sérénité nécessaire aux remises en cause positives de plus en plus ardue : on réfléchit dans l’émotionnel, l’acrimonie et la rancoeur nourries de ratiocinations acerbes sont le moteur de décisions hâtives et mal évaluées qui accentuent souvent les dérives au lieu d’y porter remède. La tache du successeur de Laporte sera lourde, car l’amertume est actuellement bien lourde. Il faut quand même reconnaître qu’il y a 6 mois à peine, la 2 avait grand mérite à retransmettre les matchs du top 14 pour une poignée de téléspectateurs originaux, et que les noms d’Ibanez ou d’Imanol Harinordoquy n’évoquaient qu’un exotisme hispanique imprécis ou une marque de pilules contre la toux. On a éduqué le public aux règles complexes de ce sport hier connu des seuls "nés natifs" du Sud-Ouest, on a augmenté de façon considérable son audience et ses passionnés, et il en restera toujours quelque chose pour le rugby. Espérons que surtout, survivront l'exigence, l'éthique, et la volonté de progresser vers une place mondiale plus flatteuse, mais méritions-nous vraiment mieux pour le moment que cette 4ème place là ? C’est ce qu’a dit Laporte de façon un peu provocatrice en partant sous les sifflets, et même si le personnage n’est pas très sympathique, il a fait beaucoup pour le rugby et fait preuve là d’un certain bon sens. Il ne faut pas se laisser entraîner par la déception, et même si on est triste, ne pas tout voir en black… on les a quand même éliminés en quart de finale ceux-là !

La finale, quant à elle, a été un spectacle plus vivifiant que le match précédent. Même si l’enjeu a imposé un jeu un peu frustrant et que l’absence d’essai l’a rendu vaguement démonstratif, il y a eu de belles phases de jeu et un certain enthousiasme. On imagine volontiers que les titres de la presse anglaise étaient ce matin aussi excessifs et déprimés que les nôtres, que les sud africains sont sur un nuage et que les superlatifs sont de mise dans tous les cœurs. Hommage enfin doit être rendu aux argentins, dont la place sur le podium devrait être un tremplin pour participer au Tri Nations auquel ils aspirent tant.

samedi 20 octobre 2007

BON ANNIVERSAIRE GILLES

Aujourd'hui Gilles fête un anniversaire que sa coquetterie l'empêche d'afficher (j'avoue ne pas savoir exactement son âge, tant il est acquis qu'il est jeune et qu'il ne saurait avoir pris une ride depuis que j'ai fait sa connaissance, il avait environ 30 ans). Je suis passée ce matin lui offrir mes voeux avec une grosse brioche qui est son péché mignon (Gilles n'est pas gourmand, c'est bien là son moindre défaut ! je n'ose pas évoquer sa sagesse thibétaine qui me flanque le bourdon, je me sens tellement dissipée à côté de lui !) et lui apporter le petit cadeau que nous étions allées choisir pour lui hier, Madeleine et moi. Après un trajet passé à bramer des chansons de Brel dans la voiture, des bien "breliennes", celles qui prennent aux tripes et étalent gravement toute la misère humaine, en harmonisant sur les thèmes éternels de l'amour et de l'amitié, nous avons décidé de prendre "un objet pour sa maison"... Marrant le choix du cadeau, Madeleine optait toujours pour des trucs un peu dingues et parfaitement inutiles, moi je tirais vers des "machins qui servent à quelque chose"... on a dû quelque part me formater à cela, et Madeleine riait comme une folle devant une grosse poule en céramique aux formes extravagantes, ou une grenouille brandissant une pioche pour décorer le jardin. Nous avons fini par transiger pour des pas japonais (ça sert vaguement à quelque chose ??), en fonte, ornés de grosses grenouilles (plus marrants que les autres !!). Voilà Gilles a, lui aussi, un an de plus (cela finit par me perturber, moi !) et le monde continue à tourner au rythme du grand Jacques, "six pieds sous terre Jacquot, tu chantes encore, six pieds sous terre Jacquot tu n'es pas mort"... La journée est si belle en cet automne frémissant !

lundi 15 octobre 2007

GUERRES AU SOLEIL COUCHANT

Lundi d'octobre d'une douceur exceptionnelle... Temps à se promener doucement sur l'estuaire, et à se laisser griser par la lumière étonnante qui joue sur les falaises et les boues du fleuve. Ce sont deux photos prises lors de cette promenade qui m'ont inspiré la nouvelle que je vous livre ce soir : un éphémère camp retranché, très savant jeu d'enfant sur le sable, presque "romain" dans sa conception... Il rappelle le site gallo-romain du Fâ, et parle à sa manière de la folie des hommes capables d'étanges inventions. L'autre photo, un peu à contre jour, est celle de la falaise du Caillaud qui connut durant la 1ère guerre mondiale un destion étrange : prévue pour devenir un port en eau profonde construit par les américains sur l'Atlantique, on y commença des travaux gigantesques, une ligne de chemin de fer fut même prévue pour approvisionner les chantiers. Et la fin de la guerre mit fin à cette folie aussi subitement qu'elle avait commencé. De nos jours il ne reste presque rien de visible de ce projet pharaonique, et je suis toujours impressionnée par cette falaise entaillée qui a retouvé sa virginité et sa solitude au dessus des marais.
De ces deux photos qui narrent, chacune à leur manière les dangers que le temps a fait subir à nos côtes qu'aujourd'hui nous défendons avec la dernière énergie pour leur garder ce caractère sauvage et un peu brut qui fait leur charme, j'ai tiré une nouvelle un peu fleurette, qui parle de Royan en 1918, au temps de sa splendeur, à la fois si loin et si près des conflits qui déchiraient l'Europe en ces premiers jours d'un automne qui allait enfin voir arriver la paix. La lettre autour de laquelle je tisse mon intrigue est, elle aussi, authentique. Une façon légère de vous raconter la Région et son histoire.

NOUVELLE


En cette fin d'août 1918, la ville de Royan hésitait en guerre et villégiature. Installée sur la terrasse de son hôtel qui surplombait la grande conche, elle écrivait à son époux, retenu à Paris pour des raisons bien trop politiques pour la passionner vraiment. On parlait de paix prochaine, mais il y a peu de jours encore la seconde bataille de la Marne avait vu les Allemands essuyer une défaite cuisante et depuis les « sammies » piétinaient, attendant avec impatience d'en découdre sous leurs propres couleurs. Charles lui en parlait à mots couverts quand parfois il venait la rejoindre pour quelques jours, mais il préférait oublier, le temps de ces brefs séjours, la pression de la capitale et l'invitait plus volontiers à danser qu'à parler politique.
Le 22 août 1918.
Mon cher ami,
Je pense toujours à vous, et la mélancolie de votre éloignement m'attriste bien souvent. Le temps, toujours beau, a été tantôt chaud, tantôt très frais mais la lumière est restée divine; la vie ici est reposante malgré la foule énorme et trop mélangée; ce n'est qu'un long fourmillement bruyant du matin jusqu'au soir; les distractions sont assez nombreuses et il ne semble pas qu'il y ait la guerre: constatation qu'on ne fait pas sans amertume; je ne professe aucune admiration pour nos glorieux et élégants embusqués, dont Royan regorge et qui mènent joyeuse vie; le guerrier y semble presque le parent pauvre et seulement quand ils se croisent et que leurs regards se rencontrent on lit la fierté dans leurs yeux et la pensée que c'est grâce à eux que les autres sont heureux.
Nous avons d'excellente musique au casino, et des concerts où défilent tous les opéras français et italiens, et les éternellement beaux classiques ...
Elle s'interrompit soudain, en vaine d'inspiration, et laissa courir son regard autour d'elle. A quelques tables d'elle, il était là, et discrètement la dévisageait. Depuis plusieurs jours elle le croisait, le soir, régulièrement à cette terrasse. Elle détourna les yeux, puis aimantée, le regarda franchement à son tour, ébauchant un sourire. Elle rangea ostensiblement son nécessaire d'écriture dans son sac, et prit un air détaché, d'attente, de rêverie ennuyée.

Quand il s'inclina devant elle, elle sursauta, surprise par son audace soudaine. Il lui proposa fort galamment de partager avec elle un porto, ayant l'air de s'excuser d'être aussi direct. Consciente d'une vibration aussi sourde qu'inattendue, elle pensa refuser, brusquement inquiète, comme si elle pressentait un danger. Pourtant elle accepta et l'invita à s'asseoir en face d'elle. La cinquantaine mélancolique, il portait un habit un peu déplacé dans cet hôtel huppé, presque sportif, mais cette extravagance lui plut. Sans qu'elle y prit garde la conversation devint vite confiante, presque intime. Veuf depuis peu, il était ingénieur et travaillait aux côtés des Américains au gigantesque chantier du port sur l'Atlantique qu'ils avaient obtenu d'installer près de Talmont. Elle était allée un jour se promener vers les falaises du Caillaud, et avait été impressionnée par l'ampleur de l'entreprise: la falaise entaillée, le chemin de fer qui s'amorçait, l'immense réservoir creusé dans la roche pour y recueillir l'eau douce nécessaire à la vie d'une communauté bruyante réunie dans des baraquements sur le promontoire, les prisonniers de guerre aussi, qu'on avait entassé dans un sorte de camp très protégé... Il lui expliqua qu'ils étaient là pour travailler à ce projet grandiose qui devait permettre aux armées alliées d'avoir leur propre base de débarquement en Europe. Bien sûr, cela défigurait quelque peu le paysage mais on était en guerre, et ce genre de considérations n'était pas de mise quand il s'agissait de terminer un conflit déjà si cruel. Elle ne l'écoutait plus qu'à demi, distraite par une sensation étrange qui lui donnait l'impression d'être prise dans un tourbillon de douceur. Elle accepta sans s'en rendre compte de le revoir le lendemain à la même heure.
De soir en soir, leurs entretiens étaient plus longs, plus confiants, presque alanguis. Maintenant ils dînaient ensemble presque chaque soir. Parfois, en fin d'après-midi, il l'emmenait apprécier l'évolution du chantier: une cimenterie venait d'être terminée et l'usine électrique fonctionnait déjà partiellement. Elle passait, sans vraiment s'en rendre compte, ses journées à attendre ces instants partagés, cette complicité souriante, ces heures de plus en plus douces, sans qu'elle comprit vraiment en quoi elles l'étaient. Il n'y avait entre eux rien qui semblât devoir prêter à confusion et lorsque Charles était venu passer quelques jours auprès d'elle fin octobre, ils avaient immédiatement sympathisé. Elle s'était même sentie un peu exclue, un peu mise en retrait, même si les deux hommes restaient fort courtois avec elle. Mais ce courant, cette insensible qualité de l'air entre leurs regards, cette irrésistible façon qu'il avait de la regarder comme s'il la déchiffrait toute entière, tout cela avait disparu comme par magie et elle en était arrivée à croire l'avoir rêvé. Elle avait insisté auprès de Charles pour rentrer avec lui à Paris, prétextant l'ennui naissant de l'arrière saison, le temps qui se gâtait de plus en plus, son désir d'être auprès de lui... mais son époux avait été inflexible: des moments difficiles se profilaient à l'horizon, on en savait pas trop de quoi seraient faites les semaines à venir, elle serait plus en sécurité ici.
Le soir du départ de Charles, elle décida d'inviter une amie à assister à un concert au Casino, et évita soigneusement de descendre sur la terrasse. Elle avait peur de ces retrouvailles, peur de découvrir que tout n'avait été qu'invention de sa part, peur qu'au contraire tout se précipite et de céder sans résistance à la vague insensée qui avait pris ancre en elle depuis plusieurs semaines. Elle parvint à l'éviter durant quelques soirs. Les nouvelles étaient chaque jour plus contrastées et les conversations allaient bon train sur la paix promise. Le 11 novembre l'annonce de l'armistice plongea la ville dans une étonnante torpeur, et la direction de l'hôtel organisa une petite fête pour saluer la victoire. Ils s'y croisèrent brièvement, comme si leurs chemins avaient été un instant improvisés l'un vers l'autre.
La guerre était terminée, mais rien ne semblait avoir vraiment changé. On disait que les travaux du port allaient bon train, même s'il paraissait invraisemblable que les américains continuent cet ouvrage alors qu'ils allaient quitter le pays. Tout était volatile, incertain, un peu fantomatique. Le soir du 16 novembre, elle décida de descendre au salon, sachant qu'il y serait, comme il y avait été fidèlement tous les soirs depuis le départ de Charles. Il l'accueillit comme s'ils s'étaient vus la veille, semblant n'avoir pas remarqué qu'elle le fuyait depuis des soirs. Il pressa juste un peu plus sa main en la lui baisant, rien, insensible, mais elle eut l'impression que le message était irrésistible, presque impérieux. Après le dîner ce fut elle qui proposa une promenade sur le bord de mer, et rien ne pouvait plus les contraindre. Lorsqu'il posa ses lèvres sur les siennes, lorsque leurs dents s'entrechoquèrent, il lui sembla qu'elle revivait ce moment de toute éternité: soudain tout était simple, évident, nécessaire. Ce n'est que plus tard en la ramenant vers l'hôtel qu'il lui dit qu'il partait le lendemain matin, que, malgré l'insistance des édiles locaux, les américains abandonnaient leur projet pharaonique, et que la région allait retrouver son calme et sa physionomie première. Il l'accompagna jusqu'à sa chambre, elle l'invita à entrer. Il la serra très longuement contre lui, caressa avec douceur ce corps frémissant qui ne serait jamais sien, lui dit son désir, son tourment depuis trois mois, l'attirance qu'il savait partagée, il lui parla tendrement, comme si tout était accompli. Son émotion était palpable, ni l'un ni l'autre ne prononça les paroles superflues qui s'imposaient à eux ... impossible, inutile, douloureux, départ, séparation. Tout était évident, et pourtant une sourde révolte les rapprochait. Quand il la quitta, ce fut comme un déchirement, elle gémit, il lui serra doucement l'épaule et partit. Le vide, le silence, à peine sur son cou la trace de ses lèvres, sur sa main l'odeur fugitive de sa peau, légère, impalpable. Trois jours plus tard elle rejoignit Charles à Paris, sans l'avoir revu.
Elle ne sut jamais qu'il était mort peu de jours après avoir quitté Royan, écrasé par une grue sur un chantier qu'il visitait au retour dans la vie civile. Elle avait souvent été ivre de lui, revivant sans y penser vraiment l'étreinte qui ne les avait jamais unis, mais dont elle savait dans les moindres détails les émotions, les haltes et les sommets.

dimanche 14 octobre 2007

GUEULE DE BOIS

Avant le match, Marc explique à un auditoire attentif comment s'y prendre pour gagner !
Ce matin, tout le monde s'est réveillé un peu nauséeux, et la faute n'en revenait pas au cassoulet de Marc, qui était particulièrement bon et nous laissait augurer d'une soirée réussie. Même Maf a fait des cauchemars, Dadou s'est réveillé 10 fois en arrêt sur image pour refaire des phases de jeu, quant à Michel il avait une migraine non imputable au champagne resté au fond du frigo. Quant à Marc, qui avait déjà l'appétit coupé d'anxiété avant le début du match, je soupçonne sa nuit d'avoir été agitée. Comme disait Maf ce matin "le pauvre, il avait l'air trop malheureux hier soir, il a dû mal dormir".

L'ambiance est encore confiante, l'avenir nous appartient, avec l'Equipe en 1er plan, et le Sauternes à la main !!

L'heure est grave ...

Malheureux nous l'étions tous, au moment du coup de sifflet final, mais notre confiance en l'équipe de France et dans le talent de Laporte étant moins inconditionnelle que celle de Marc, le déroulement de la partie nous avait déjà préparé à cette déception. Le jeu au pied pour contrer les Blacks a été une tactique payante. Mais justement c’était une tactique, et il était évident que celle à opposer aux anglais ne pouvait en aucun cas rester la même. Dans ces conditions, pourquoi avoir reconduit la même équipe face à la rose ? Cela m'a semblé une ineptie lorsque j'ai connu la composition du XV de France, et s’est révélé une erreur que les coachings désordonnés de cours de partie n’ont pas permis de corriger. Dommage que Laporte n’ait pas admis que les anglais ne jouent pas comme les Blacks. De plus, l’exploit accompli face aux néo-zélandais avait, de toute évidence, coûté beaucoup d’énergie et fatigué les troupes. Après l’essai encaissé en premières minutes, signe un peu trop évident d’un excès de confiance en soi qui, comme à l’ordinaire, nous a coûté la victoire, la fin de la première mi-temps révélait déjà un essoufflement indéniable : ballons échappés, erreurs de placage, hésitations coûteuses et surtout manque de fluidité et d’inspiration. J’avoue avoir abordé la seconde mi-temps en doutant vraiment. Le jeu au pied, face à une défense bien verrouillée par les anglais, semblait la seule échappatoire, mais qui ne nous a guère réussi, le drop n’étant pas, jusqu’à nouvel ordre, le point fort des français. Le jeu s’est finalement focalisé à réaliser des points de fixation, mais là encore, face au défi physique des anglais, nous cédions du terrain et finalement, fatigue ou manque d’inspiration, nous perdions la balle.

Ce ne sont pas les anglais qui ont gagné la demie-finale, car leur jeu n’avait rien d’exaltant, moins encore que le nôtre, c’est nous qui, à force de fautes, de détails et d’occasions non exploitées, l’avons perdu. Cette équipe n’était pas cohérente, et donnait l’impression de le sentir elle-même, il y a eu quelques beaux gestes individuels mais le rugby ne peut être le fait d’une vedette, ni d’un coup d’inspiration perso, c’est toujours un jeu d’équipe, de foi et d’humilité. Les joueurs essayaient hier soir de s’adapter aux postes qu’on leur avait donnés, mais cela n’a laissé aucune place à ces moments de génie, fruits d’actions collectives jaillies d’un vrai bonheur de jouer ensemble, et d’une volonté de gagner qui n’était pas au rendez-vous au stade de France.

Ce matin, on en discutait encore, et les mines étaient un peu allongées !

samedi 13 octobre 2007

SEPT LIEUX

Maf et Dadou sont venus nous voir à Meschers, et nous avons ce matin décidé d'aller à Mornac sur Seudre, pour visiter le site qui est vraiment très joli et acheter le déjeuner de midi. Peu ou prou, et à condition de ne pas se tromper de route, on peut dire que Mornac est à 7 lieux de Meschers.
Dans la fraîcheur vivifiante du petit matin d'octobre, Mornac déserte et balayée par une brise frisquette avait le charme décalé de ces lieux touristiques découverts hors saison et dont on sent, qu'en d'autres heures et sous d'autres lumièrs, ils doivent être proprement insupportables. Là le village nous a livré, sans fausse coquetterie, le secret de ses ruelles qui toutes reviennent en serpentant vers le port, de son église romane fortifiée puissamment gardée par quelques sarcophages mérovingiens, et de sa halle sous laquelle quelques locaux en ciré jaune se pressaient autour de l'unique banc de légumes aux couleurs passées.
Mais le but de l'escapade était un élevage de gambas en claires, au nom prestigieux mais à l'aspect modeste : la GAEC Huître Impériale. Après avoir demandé plusieurs fois notre rout aux natifs, franchi les travaux qui barraient la route vers le marais, avoir longé quelques chenaux où grues et hérons cendrés cherchaient obstinément quelques rayons de soleil, cahoté dans des chemins défoncés au bout desquels surgissaient les silhouettes pâles de cabanes ostréicoles, nous sommes arrivés au but : une sorte de serre verte sous laquelle l'élevage de crevettes était soigneusement abrité des intempéries et de la lumière, et, plus loin, une cabane ouverte à tous vents où trois bassins fortement oxygénés révélaient la présence de ces précieux crustacés. Personne à l'horizon, si ce n'est des bottes de géants, pendus au plafond, et des voitures empoussiérées qui semblaient définitvement hors d'usage. Nous avons patienté, sommes repartis faire un tour en voiture dans le marais, et avons pu finalement rencontrer le responsable des lieux, un jeune homme ouvert et sympathique qui nous a expliqué avec enthousiasme son métier, comment il élève ses gambas, comment il les expédie dans toute l'Europe, puis il les remplace, quand la saison se termine, par des huîtres pousse-en-claire. Après achat d'ail et persil sous la halle, et après m'être juste un peu trompée de route pour le retour, nous sommes revenus juste à temps pour faire une poëlée impressionnante et succulente de crevettes frétillantes. En fait, heureusement que Dadou était là pour la cuisson, car ce fut sportif : ces satanées bestioles n'étaient absolument pas décidées à se laisser faire, et au fur et à mesure qu'on les jetait dans la poële, elles sautaient en tous sens comme de vraies endiablées. Il y en avait partout, et du coup, nous avons juste oublié de les flamber, tant elles nous donnaient de mal pour les emprisonner sous le couvercle. Le déjeuner léger, prévu pour affronter gaillardement ce soir le cassoulet de Marc, était quand même bien sympa. Entre temps le vent s'était calmé et le soleil tapait fort sur la terrasse où nous avons gaillardement descendu une bouteille bien fraîche de Tokay. Excellente préparation pour affronter les anglais, qui ce soir, vont avoir tendance à frétiller sous la mêlée, avec une ardeur bien proche de celle de nos gambas charentaises !!! Il nous faudra des bottes aussi grandes que celles de notre ostréiculteur pour parcourir les lieux qui nous séparent de la demie-finale... Courage donc, et pour le moment, sieste !

jeudi 11 octobre 2007

EXIT

Voilà, la dernière étape est franchie, maison de Pérignac vidée, transmise, et enfin vendue... Disons que nous avons signé aujourd'hui l'acte définitif de vente, et que, théoriquement cela devrait nous faire "quelque chose"... En fait, l'émotion a sans doute eu lieu avant, et finalement les lieux, même ceux d'un gros morceau de vie, restent des lieux, dépersonnalisés du fait de notre départ, voire réappropriés par ceux qui nous succèdent, et la signature de l'acte ne change rien à l'affaire. C'est un événement mineur, sans répercution réelle sur notre sensibilité.
Je ne sais si je rêverai des années durant à la maison de Péri, comme je l'ai fait de la maison de mon enfance au Pont de la Maye, dont la vente m'a sans doute plus fortement marquée que je ne l'imaginais. Il y a peu encore j'ai fait ce rêve récurrent, dans lequel, ayant conservé une clé de la maison, je m'y introduisais par les arrières, chemin complexe et invraisemblable de visite étonnée et surprise, ne reconnaissant rien, ni les pièces, ni l'agencement, et cherchant des repères inexistants... Etrange d'avoir fait ce rêve si longtemps, alors qu'il m'avait semblé être totalement indifférente à cette vente. J'avais quitté le Pont de la Maye depuis longtemps, et n'étais pas du tout affectée par le départ de mes parents. Et pourtant, je m'y suis promenée des nuits entières, à la recherche de je ne sais quelle émotion égarée et fugace. Sans doute des relents d'enfance mal digérés, des bouffées intempestives de souvenirs, des réminiscences de vie passée.

lundi 8 octobre 2007

FOS SUR GIRONDE


Une fosse aux questions sans réponse ! Le débat public sur la construction du terminal méthanier du Verdon a commencé. En fait la première réunion devait avoir lieu jeudi dernier à Royan, mais comme il y avait trop de monde, certains ne pouvant entrer dans la salle elle a tourné en manifestation et a dû être annulée. Du coup elle a été repoussée à ce soir. D'après une collègue rencontrée ce soir, le but des royannais présents jeudi dernier était, en provoquant cette annulation, d'obtenir une meilleure publicité, une bonne couverture médiatique de l'événement et une plus grande mobilisation locale. Mission réussie, en trois jours tous les commerçants de la côte ont arboré des affiches "NON au terminal méthanier", et ce soir le chapiteau de la Grande Conche était comble. A l'estrade, les organisateurs, les représentants de la commission particulière du débat public (CPDP) qui avaient la lourde tache d'essayer d'organiser le débat et 4 hollandais, représentant la société 4Gas, qui s'est vu attribuer le projet de construction du terminal par le port autonome de Bordeaux.
Dès l'abord, tout débat semblait impossible, la foule hurlant "non au port méthanier", et couvrant les intervenants en criant "on n'en veut pas", à toute tentative d'explication. Le micro circulait tant bien que mal au milieu de la tempête, et sans nul doute le solgan "On ne veut pas être un nouveau Fos sur Gironde" a été celui qui a eu le plus de succès :
pendant 5 bonnes minutes sifflets, lazis, hurlements, trépignements ont salué cette invective. Puis petit à petit on a fini par laisser parler les hollandais, mais le plus étonnant était le flou pas du tout artistique qui entourait leurs propos. On avait l'impression qu'en fait rien n'est prévu, que rien n'a été chiffré, que tout est en cours d'étude : les impacts sur l'eau, sur l'air, sur l'environnement, les situations de risque, les secours en cas d'accident... Si tout est aussi flou, on peut craindre le pire. Or on est en plein débat public, et aucune étude sérieuse ne peut être présentée sur les questions touchant l'environnement, la préservation de l'Estuaire, les dangers potentiels, les retombées économiqus et touristiques, l'impact visuel, les conséquences en termes d'image de la région.
Un montage photo du site supposé vu de Royan a obtenu quant à lui la palme au sifflomètre : on ne voyait que la mer !!! Quand on leur a demandé où était la torchère prévue, les hollandais ont répondu ne pas l'avoir mise car "de toute façon à cette distance, vous ne la verrez pas". Ben voyons...
Le directeur du port autonome de Bordeaux a été hué sans même avoir le temps de dire trois mots, il faut dire que c'est par lui que le scandale arrive. Quant au commandant du port de Bordeaux, dépêché pour nous démontrer que si on laissait voguer les méthaniers sur l'estuaire c'est bien qu'il n'y avait aucun danger, il n'a pas eu beaucoup plus de succès. Les conséquences sur le chenal de navigation, les remous provoqués à proximité de Port Médoc par ces énormes engins, les désagréments et les risques au niveau des bateaux de plaisance, rien n'a été évoqué. On verra plus tard, dans d'autres réunions.
La foule, pas toujours très disciplinée, et prête à applaudir n'importe quel opposant, même fort maladroit, était au moins convaincue d'une chose, on va nous dire jusqu'au 15 décembre que "les questions posées ne relèvent pas du débat de ce soir, mais seront envisagées dans une prochaine réunion".
Cela tenait plus de la manif que du débat, et tout cela n'avait pas beaucoup de tenue. L'animateur du CPDP ne cessait de menacer la foule "si vous ne laissez pas s'instaurer le débat, ce sera tant pis pour vous, vous l'aurez ce terminal"... argument démocratique très propre à relancer les sifflets ! En fait, il n'y a pas eu d'intervention d'opposition particulièrement percutante, et ce que l'on peut surtout espérer c'est que les 4Gas vont se demander ce qu'ils sont venus faire dans cette galère et qu'ils iront planter leurs terminaux ailleurs.
Pour plus de détails, Le site du débat public
Le site des opposants : Une pointe pour tous
Et toujours la pétition, près de 1900 signatures ce soir,
merci à ceux d'entre vous qui l'ont déjà signée... Bravo Tonton, tu es toujours à l'avant-garde !

dimanche 7 octobre 2007

LE COQ A PLUME LE KIWI

La journée avait plutôt bien commencé... Une nation européenne avait sauvé l'honneur et les anglais seraient en demie-finale... Sûr que cette perspective nous réjoiut moins maintenant, mais sur le moment nous avons applaudi très fort au sursaut de nos adversaires historiques. Après ce match qui marquait la bonne surprise du samedi, nous sommes descendus faire une petite pétanque sur la plage, avons fait cuire nos coqs de circonstance, pas trop abusé de la dive bouteille pour rester en pleine forme. Françoise nous a tous barbouillés de bleu, blanc, rouge, Michel seul en a été dispensé après avoir noué sa cravate de l'équipe de France. Nous étions fin prêts pour le massacre.
Marc nous avait annoncé une surprise pour le haka, mais cela nous a vraiment soufflés : les Bleus ont réussi le tour de force de dédramatiser ce moment pénible et ont même "volé" la vedette aux néo zélandais, qui coincés par la barre humaine qui les affrontait, n'ont pas pu terminé leur démonstrations. Les premières minutes du match furent, haletantes, nos experts en rugby de cessaient de dire, "bien, bien, c'est comme cela qu'il faut faire", mais j'avoue que ces jeux d'arrière, même s'ils furent efficaces, ne m'enthousiasmaient pas trop. Et puis nous avons raté un drop, encaissé une pénalité, puis un essai transformé, et encore une pénalité. 13 à 0, l'ambiance devenait morose. Soudain, vers la 35ème minute, une autre pénalité. Marc déclare, "si on arrive à la mi-temps avec 10 points, cela sera déjà pas mal"... Françoise rugit, 10 points mais où avons 10 points ??? Mais non, avoir 10 points d'écart seulement, ce serait bien. Et vlan, pénalité ratée... profil bas général. Quelque instants plus tard, ouf nous marquons les 3 points permettant de réduire la marque, comme prévu par Marc, à 13 à 3. Mi-temps mi-figue mi-raisin, on se contentait de se réjouir de n'être pas plus écrabouillés que cela, pas certains du tout de "tenir" cet écart durant la seconde mi-temps. C'est vrai que l'hantise de ce match, presque plus que de gagner car finalement on n'arrivait pas à envisager sérieusement une victoire, c'était de ne pas encaisser un score fleuve et de faire bonne figure.
Que dire de la 2ème mi-temps ?? Vous l'avez vécue comme nous sans trop y croire, on s'est téléphoné hilares et incrédules à la fin du match... Marie a cassé une chaise tant elle était énervée, Hélène hurlait comme une damnée face à son poste, quant à moi j'escaladais avec nervosité mon canapé pour tenter de me décontracter... Françoise se réfugiait sur mon épaule, pendant que j'écrabouillais convulsivement la main de Michel ou me cachais à chaque coup de pied de pénalité ou de transformation. Il y a eu un ling et délicieux moment dégalité, 13-13, quelle joie d'avoir au moins fait cela. Puis, vlan, un essai noir... J'avoue que quand les néo zeds n'ont pas transformé et que le présentateur à face de crabe a jugé bon de commenter en disant que ces 2 points allaient faire toute la différence, je lui aurais volontiers tordu le cou. Nous étions encore menés 18 à 13, et anticiper un essai tranformable alors qu'"ils" gagnaient, me paraissait criminel. Et puis la fin de la partie a déferlé sans qu'on y réalise vraiment ce qui arrivait... nous menions... cela ne durerait pas, mais au moins, nous aurions la fierté d'avoir mené quelques instants... Et la 80ème minute est arrivée, il a fallu attendre encore presque une minute avant que le verdict ne tombe, grandiose, immense, géant, incroyable, inattendu et superbe : la France jouera en demie-finale, et surtout la France venait de battre les Blacks. Nous avons commenté longtemps, savouré délicieusement et arrosé modérément l'événement... Et nous nous sommes donné rendez-vous pour samedi prochain, rien n'est gagné, mais au moins nous aurons atteint Paris !! Ce qui, après la sombre histoire de Cardiff n'est déjà pas si mal !

vendredi 5 octobre 2007

CHIFFONS


Décidemment cela les chiffonne les Blacks de risquer de ne pas porter leur maillot fétiche pour la finale... la décision sur la couleur adoptée par chaque équipe n'est toujours pas tombée à l'heure qu'il est... et cette histoire de fringues a une allure tout à fait déplacée dans un tel contexte. De quoi ont-ils peur les néo zélandais ? Le gris leur porte-t-il sur le moral ? Sont-ils alergiques au bleu français ? Sont-ils supersticieux ? Ont-ils besoin de leur doudou ébène pour vaincre ? Craignent-ils de perdre leur virilité s'ils ne sont pas de noir vêtus ? A ce propos, savent-ils que les joueurs du stade français arborent fièrement et sans complexe le maillot le plus kitch de l'histoire du rugby, tour à tour rose acidulé ou bleu avec de gros lys roses ? Et que cela ne les a nullement empêchés d'être champions du Top 14 l'an dernier, au grand dam des clermontois ? On en voit pas pourquoi ils crisent comme cela, ces grands malabars... Cela devient étrange cette prise de bec entre coqs et kiwis... Car, au cas où vous le sauriez pas, ce sont quand même les kiwis qui ont le bec le plus long... et plus étonnant encore, ce sont des oiseaux presque sans ailes (!) et dotés d'un nez. Cela peut être très utile un nez quand on ne voit pas à plus de 60cm... Et dans les mêlées, ne rien y voir, cela pourrait être un handicap. Seule bonne nouvelle, il paraît que les Blacks préfèreraient perdre face à nous que face à l'Australie. De là à imaginer l'impossible !

jeudi 4 octobre 2007

SCENARIO CATASTROPHE

Cette fois-ci le clin d'oeil est pour Hélène... Tout à l'heure tu me racontais que tu as passé une soirée délirante avec un de tes meilleurs amis à envisager, à grand renfort d'imagination et surenchère de prévisions noires, tous les scénarios catastrophes des décennies à venir.
Remarque c'est simple, tu tapes l'argument sur Google, et tu obtiens, en vrac, et dans le désordre : les 7 scénarios catastrophes de l'antiterrorisme, la France étant paraît-il, la bête noire des extrémistes islamistes de tout poil, ceux qui envisagent une pandémie dévastatrice à cause la grippe, aviaire ou pas, ceux qui découlent de la dégradation annoncée du climat dans un futur proche, les accidents graves dans les centrales nucléaires envisagés sous tous les angles et dans toute leur ampleur plausible... sans oublier les prévisions affolantes concernant l'avenir de nos retraites, de l'éducation et l'effondrement de la Bourse... Sûr que vous aviez choisi un sujet de conversation inépuisable et que vous en avez forcément oublié. Il faut avouer que, dans ce domaine, les alarmistes en tous genres, peuvent faire feu de tout bois... L'avenir est déjà de nature tellement complexe qu'il ne peut que paraître très inquiétant.
Cependant avez-vous évoqué le seul véritable problème grave de l'heure ? Le dénouement déchirant attendu pour samedi soir aux alentours de 22h30 ? L'affaire est malheureusement quasiment entendue, nous sommes les jokers et même si cela nous réussit toujours mieux d'être donnés perdants que d'être favoris, (cf le match contre l'Argentine) l'affaire va être rude. Quand l'épineux problème de la couleur des maillots sera enfin résolu (on croit rêver) il faudra bien faire face à la triste réalité. Car même (et peut-être surtout) sans maillot (ils peuvent bien s'aligner nos supposés dieux du stade !) les néo-zélandais feront de la boullie de nos petits français. Ils ont bien l'intention de nous massacrer, de nous hâcher menu, de nous écrabouiller, bref de nous transformer en chair à haka.
Les statistiques sont contre nous, eh oui ma chérie, on ne peut pas toujours faire dire ce qu'on veut aux chiffres, là le verdict est terrrrrrrrible : en moyenne 41 à 11 pour les blacks depuis 2002, qui de plus n'ont pas perdu un match face à nous depuis 7 ans.
Les circonstances sont contre nous, du match joué en terre étrangère sans le soutien du public (je doute que les gallois n'apprennent la marseillaise pour l'occasion), au temps pourri (dure, dure la pluie galloise après le soleil de la Canebière) en passant par les publicités pour le jambon de Laporte (on ne peut pas tout bien faire pas vrai ! ça prend du temps les tournages !), l'âge des joueurs (ça, ce sont les Blacks qui le disent, "que des vieux !" mais quels vieux quand même !) et surtout la tactique maladroite des sélectionneurs. Comment espérer faire du rugby "à la française" avec l'équipe qui est "tombée" cet après-midi. Il semble acquis que la préoccupation des sélectionneurs est avant de ne pas perdre. Ce qui ne nous laisse finalement aucune chance de gagner. Alors il vaut mieux rester réaliste et adopter le point de vue d'Olivier Magne, une chance sur cent. Voilà pour le dernier scénario cata du moment !
"Au moindre coup de Trafalgar c'est l'amitié qui prenait l'quart, c'est elle qui leur montrait le nord, leur montrait le nord... et quand ils étaient en détresse, qu'leurs bras lançaient des SOS, on aurait dit des sémaphores, les copains d'abord"... Alors ne nous laissons pas gagner par la déprime et la morosité ambiantes. Oublions le crâne dégarni et l'air un peu trop suffisant de Bernard Laporte pour y croire encore un peu, adhérons par avance à sa tactique annoncée d'occupation du terrain, oublions les invectives hargneuses de nos adversaires pour nous mobiliser, invoquer Sainte Rita, patronne des causes désespérées ou Notre Dame du Rugby, et samedi soir, tous unis par un même espoir fou, prenons le quart...

mercredi 3 octobre 2007

LES BALAYEURS DU DESERT

Tout est parti d'une petite conversation que nous avons eue hier avec Marie. Elle rentre à la fin de l'année en France et, son poste à Victoria ayant tendance à tourner un peu rond, elle envisage de profiter de ses derniers mois aux Seychelles pour commencer un diplôme par correspondance. Toujours réaliste, un peu trop d'ailleurs, mais que voulez-vous c'est mon métier de maman de jouer les rabats-joie, je lui faisais remarquer qu'elle va finalement avoir peu de temps, pour préparer son déménagement, vendre sa voiture, rechercher un boulot pour le retour, et aussi, il faut y penser, prendre ses 15 derniers jours de vacances, tout cela avant le 15 décembre. Comme elle a une amie qui va la quitter pour partir en poste à Barheïn, je lui demandais si elle envisageait d'aller y faire un tour. Elle m'a répondu adorer son amie, mais pas au point d'aller là-bas. Ces émirats qui bâtissent au milieu des sables des fausses villes alambiquées, boursouflées de prétention et regorgeant de luxe clinquant et divagant, ne la tentent plus guère.
Nous n'avons, quant à nous, qu'entrevu Doha, entre minuit et deux heures du matin lors d'une escale épique que Michel doit depuis longtemps raconter dans ce blog, mais j'en ai gardé un souvenir halluciné : celui d'une ville neuve, immense et folle, d'un mauvais goût parfait, avec des portraits gigantesques d'émirs ou je ne sais quels dignitaires ornant les murs, et surtout des balayeurs, qui à 2h du matin, puis encore à 6h quand nous avons quitté notre hôtel, luttaient contre le sable. Un summum de l'absurde, que tous ces petits bonhommes, armés de grands balais qui trimaient toute la nuit pour repousser le désert et le mettre à la poubelle.


Puis, tout à l'heure, allant sur MSN pour lire mon courrier, mon oeil a été attiré par un titre :


Si vous avez quelques minutes à perdre, allez voir cela, c'est absolument délirant. Passons sur la tour de 800m de haut ou sur les tours emboîtées, sur l'aéroport qui va accueillir bientôt 70 millions de passagers par an, sur le complexe sportif de 7,5 km² (ça vous impressionne vous ? moi ça me fait comme les millions, ça ne me dit pas grand chose), ou le plus grand front de mer du monde qui ambitionne de détrôner Manhattan. Détrôner est d'ailleurs le maître mot, à preuve le Jurassic Park bis qui se propose de récréer un "environnement préhistorique authentique", mais c'est quoi ce salmigondis ??? ... Passons encore sur les îles en forme de palmier ??? les payotes de luxe et le high tech (bof) et l'île supposée paradisiaque qui n'a comme intérêt que quelques verdures qui ne sont pas vraiment impressionnantes : la moindre île banale du Pacifique en 100 fois plus paridisiaque que ces inventions pédantes... Passons toujours sur les îles supposées reproduire le panisphère et qui permettront à quelques abrutis béats (pardon, je suis certaine, vu les prix, que cela ne vous tentera guère) d'acheter l'Afrique ou l'Europe en miniature... Le comble de la paranoïa, de la mégalomanie, et, disons le tout clair, de la bêtise, me semble encore cette station de ski en plein désert, qui prévoit une piste de ski orientable et 6000 tonnes de "vraie neige"... Ouah !! J'ai beau être nulle passé certaines quantités, 6000 tonnes de vraie neige, cela ne me semble pas vraiment extraordinaire... Et l'idée qu'on va dépenser des milliards pour créer cela en plein désert me laisse un peu pantoise... Il y en a déjà tant de la neige sur la planète, de la vraie de vraie pour le coup, et elle ne semble pas encore céder complètement le pas devant le réchauffement climatique !!
Mais que signifie donc ce délire ? Je vous laisse le soin de commenter par vous-même cette dérive du comportement humain qui ne répose finalement que sur un excès de dollars et sur une conception totalement dépravée du bonheur qu'est censée procurer cette richesse.

Pour le coup, j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur Barheïn, et là je n'ai pas trouvé de site grandiloquant ou de projets pharaonesques et débiles. Par contre, j'ai trouvé un article de
Reporters sans frontières, qui signale l'existence de blogs "libres" parlant de ce qui se passe "réellement" dans le pays, et offrant des informations non officielles qui ont le mérite de s'afficher avec courage et parfois humour. Alors, après vous avoir un peu fait perdre votre temps à regarder les élucubrations de quelques richissimes investisseurs qui, d'ailleurs feront juste un plus fortune à vendant à d'heureux imbéciles des sports d'hiver en plein désert, je vous renvoie à deux blogs barheïnis qui ont le courage d'exister.

Le blog de Mahmood
Le blog de Chan'ad

Voilà, le seul bémol c'est qu'ils sont en anglais, mais 1) c'est promis juré, on se met à l'anglais dès que possible et 2) même sans être parfaitement au top dans la langue de Shakespeare, on peut comprendre quelques titres, regarder quelques photos et visionner des petites séquences vidéos qui sont une autre face, fort intéressante de la vie "réelle" dans ces émirats.
Pour finir, un lien vers le site de Qal'at al-Barheïn, surperbe site archéologique qui vous réconcilie avec le Moyen Orient

mardi 2 octobre 2007

MAIS A QUI SONT CES BALLERINES ??


Petit clin d'oeil à ma douce Marie, la championne de la ballerine... C'est vrai que tu as acheté tes premières ballerines alors que ce n'était pas encore à la mode... Du coup, le retour en grâce de cette charmante chaussure des années soixante, vichy et rock and roll, t'a un peu énervée, on te "volait" ta mode !!! Quant à moi, je l'avoue, j'avais refusé de céder aux sirènes du remake... Quelque part, je voulais te laisser l'exclusivité de la ballerine !! Et puis, va savoir ce qui m'a pris, j'ai craqué... et, éberluée par ma propre audace, j'ai passé ma journée à regarder mes pieds, en me disant, mais "à qui sont ces pieds" ??? Incongru n'est-ce pas ? Ah le jeunisme !!

Sinon ??? Eh bien c'est la saison des arbouses, vous savez ce fruit immangeable à part quand on le cueille et qu'on le déguste sur l'arbre, douçâtre et pâteux, plein de grains incassables qui craquent sous la dent comme autant de résidus de l'été qui s'éloigne... Celles que j'ai volées chez ma voisine, un larcin bien anodin je crois, étaient mûres à point et laissaient au palais des relents acidulés. Petit plaisir d'enfance...
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