dimanche 30 septembre 2007

COUPEZ....

Ciné du week-end... "Tu sais que ce soir on va au ciné..." "Ah non! le dernier Chabrol, marre des radotages de Chabrol..." "Mais la critique est bonne !" Ben voyons, la critique de Chabrol est TOUJOURS bonne, ça me rappelle Amélie Nothomb... On se fait avoir à chaque fois, on vous répète avec constance que Chabrol est enfin de retour et qu'on tient là son dernier chef d'oeuvre. Qu'à cela ne tienne, allons-y.

Désespérant... Tout sonne faux dans ce simili vaudeville où même la satire sociale de la bourgeoisie de province qui fit la gloire de Chrabrol est en perdition. Faux-semblants, trucages, mensonge, perversion, pouvoir, l'air chabrolien est vicié. On n'y croit pas un instant tant tout est caricatural et ringard. Les notables lyonnais traînant leur ennui de partouzes en cocktails, la télé locale vibrionnant de petits minables qui se prennent pour des people, l'écrivain blasé et érotomane qui affiche avec désinvolture son manque absolu de sens moral, le fils à papa caractériel, la belle-mère filmée comme avec un eye-fish pour stigmatiser son cynisme et son hypocrisie, la charge est lourde comme une mêlée qui tourne en vrille, maladroite et ennuyeuse.

On soupire à chaque réplique convenue, on sursaute à chaque phrase récitée par de pauvres acteurs empêtrés dans leur insignifiance, et à force de tics et de minauderies on finit par frôler le grand guignol. Chabrol ne maîtrise plus rien, ni les situations,ni les personnages, ni l'ambiance, ni la vraisemblance ni le rythme. Ecrivain libertin, bourgeois dégénéré, notables véreux, "beauté" de province, tout est mal joué, sauf peut-être Berléand qui incarne son personnage cynique avec sa régularité habituelle. Ludivine, dont les critiques ont dit qu'elle sauvait le film, m'a parue improbable et peu crédible. Le titre suggère qu'elle est déchirée entre deux hommes, à mon sens elle est tout simplement la victime un peu égarée d'un vieux beau même pas attirant qui se rêve en initiateur ! Chabrol donne vaguement dans la lubricité. Les supposées turpitudes qu'il lui "enseigne " (ah le fantasme de l'initiateur sexuel avec, pour tout argument, une grisaille terne et déabusée), n'ont rien de très impressionnant à notre époque. Quant à Pierre Louys, il n'allume plus l'oeil que des vieilles badernes. Le commissaire priseur de Cognac à qui je proposais une édition rare et excellement illustrée du fameux auteur d'Aprhrodite et autre "Manuel de civilité à l'usage des petites filles en maison d'éducation", m'a dit que cela ne se vendait plus, car cela n'a plus rien d'émoutillant... Certainement pas 2000 euros comme le vilain livre broché adjugé dans le film. Les "noces rouges" sont pâles et ternes, et j'ai passé le film à m'exclamer "c'est pas vrai... oh non ! pas ça..."? En fait la bonne idée aurait été de faire de l'oncle non un fakir à scie circulaire, mais un prestidigitateur de la disparition, et il aurait même pu intervenir dès les premières minutes, cela m'aurait épargné bien des soupirs.


Pour se rattraper nous avons ensuité tenté les Cartouches gauloises. Une chronique un peu appliquée mais fort émouvante des derniers jours de l'Algérie française. Medhi Charef se veut totalement neutre, comme peut l'être l'oeil d'un enfant qui observe, terriblement lucide mais aussi dramatiquement naïf. On peut reprocher à la mise en scène d'être trop linéaire et quelque peu démonstratif. Mais personnellement j'ai bien aimé ces scènes décousues, sans véritable lien entre elles et dont le propos est essentiellement de rendre compte de l'ébahissement d'un enfant dont le monde bascule du jour au lendemain. L'ensemble est pudique, la guerre est là, mais noyée dans le quotidien comme un fait "normal" et c'est le rendu de cette norme insupportable qui est particulièrement réussi. Le gamin qui interprète Ali est lumineux, il tient le film d'un bout à l'autre posant sur les événements un regard sans haine. Et la vieille 404 embauchée pour l'occasion tient un rôle apaisant dans cette ambiance compliquée et pourtant ensoleillée.



samedi 29 septembre 2007

SAINT MICHEL

Saviez-vous qu'autrefois le jour de la Saint Michel était celui où on renouvelait les baux, date primordiale donc dans la société rurale qu'était la France d'avant la seconde guerre mondiale ? "A la Saint Michel, tout le monde déménage"... Help le coach du vide... Saviez-vous aussi que le 29 septembre est, en fait, un jour un peu particulier dans le calendrier liturgique puisqu'on y célèbre trois saints, Michel, Gabriel et Raphaël, tous trois archanges, c'est à dire la garde avancée de Dieu et les ouvriers actifs de sa politique de communication ? En la matière le plus célèbre est encore Gabriel qui s'est chagré de porter à la petite Marie de Bethléem une annonce d'un genre un peu estomacant, qu'elle allait enfanter sans connaître d'homme. Et la charmante gamine a trouvé la réponse juste, qui fait encore recette à l'heure actuelle : qu'il en soit fait selon la volonté de Dieu... Fiat !



Côté armée, par contre, Michel est vraiment le chef de la milice céleste !! C'est bien sûr l'adversaire de prédilection de Satan. D'où son iconographie en pourfendeur de dragon. Du coup la Contre réforme a décidé qu'il était particulièrement habilité à lutter contre l'hérésie protestante, et l'a affublé d'une grande épée bien utile pour cette nouvelle mission ! C'est lui qui a retenu la main d'Abraham avec la virtuosité qu'on lui reconnaît indubitablement dans toutes les bonnes peintures sur le sujet, quand ce grand sot d'Abraham s'apprêtait à immoler son fils Isaac. Le sauvage ! C'est lui aussi qui présidera à la pesée des âmes à la fin des temps, un sacré boulot si vous voulez m'en croire, mais qui lui vaut dores et déjà de figurer en place d'honneur dans toutes les fresques ou peintures de Jugement Dernier. D'ailleurs il tient aussi une place non négligeable dans l'Eglise d'Orient, et même dans le Coran où il a réussi là où ce pauvre Gabriel aurait échoué : rapporter de la terre à Dieu pour fabriquer Adam.
Bref, Saint Michel, un super archange, fort populaire et très efficace dans les situations de crise. Mon père, qui se prénommait Michel, en concevait une fierté légitime, persuadé que son saint patron lui donnait une aura particulière. Et quand j'étais enfant sa fête était célébrée avec le faste qui s'impose... faut dire que papa était né le... allez savoir, on n'a jamais trop su en fait. il semble que mon grand père, troublé par sa paternité, se soit mélangé les pinceaux et trompé de jour lors de la déclaration. Enfin c'est ce que dit la légende familiale, dont le jour porté sur le livret de famille était paraît-il faux et on fêtait son anniversaire le... 29 septembre.
Du coup j'ai gradé des réflexes concernant cette date, et je marque toujours avec dignité la fête de votre papa, et il est toujours un peu étonné de tant d'honneurs !

Tout ça pour vous raconter notre petite bringue de ce soir ! Foskifo, j'ai accueilli Michel ce soir en lui disant "va falloir prendre ta petite pilule bleue"... Mais non, je ne sombre pas dans la débauche et la luxure... que dirait notre prestigieux archange s'il apprenait cela ! Marie en témoignera, son père l'a fait rire aux éclats cet été quand il a passé la tête par la porte de la pièce où nous étions en train de discuter toutes les deux, l'air malicieux et brandissant un cachet du fameux bleu des mers du sud... Elle s'est écrié "Papa !! Oh..." Ben oui, faut dire que nous venions de boire du champagne... et dès qu'il boit du champagne, mange des crustacés, des abats dont il raffole ou boit un peu de vin blanc, il doit anticiper la crise de goutte qui ne manque pas de se manifester à l'occasion de ces agapes ! Donc ce soir, pillule bleue (ouf, elle est ronde, pas ovale, mais le bleu est très très évocateur !). Les agapes ? Homard (aïe), filet aux truffes, Puligny Montrachet (je n'ai pas trouvé son péché mignon le Chassagne Montrachet mais c'est pas mal non plus) (aïe aïe), Pommard... et en dessert une toute nouvelle recette que m'a confiée Marie hier soir : j'ai oublié le nom, mais c'est une spécialité de sa nouvelle amie Hananne, qui est vraiment simple et succulente : des fruits, de l'eau de fleur d'oranger (cela favorise une nuit paisible !), canelle et noix de coco. Cadeaux ? Le dernier Donna Leon, le deuxième tome de la nouvelle coqueluche des amateurs de policiers Stieg Larsson, une eau de toilette importée hors taxe de Dubai (on a ses fournisseurs !) et surtout, surtout, La Cravate officielle du Tournoi des 5 Nations 1998 au Stade de France - Match France (18) vs Irlande (16) (ouf!!!) - Cravate portée par Olivier Magne... Mais que croyez-vous, on a le sens des symboles dans cette maison ! Là aussi on a ses fournisseurs ! En l'espèce, c'est Guy Pierre, alias Glo-Rieux sur Ebay, LE spécialiste des fringues géniales portées une fois pour un film, un festival de Cannes, un journal télévisé ou un défilé quelconque... Il a même vendu à une fana d'Almodovar l'horrible tablier porté par Carmen Maura dans Volver... faut-il qu'il soit doué pour la vente Guy Pierre ! S'il me lit, il doit frémir car son boulot c'est pas de vendre des fringues, mais d'habiller les artistes, et c'est un métier difficile car ils ont l'air de lui poser parfois de sacrés problèmes, capricieux, négligents et difficiles !


Bref, il était content comme tout votre papa... Toujours prêt à faire des excès grâce à sa pillule magique !

vendredi 28 septembre 2007

COACHING DU VIDE



Je vous jure, il paraît que ça existe... Moi, très consciencieuse, j'ai cherché sur internet et j'ai trouvé plein d'idées en la matière.

J'ai appris, association de mots oblige, qu'il y avait des gens qui avaient la phobie du vide

http://www.troisiemevoie.com/troisiemevoie/2006/10/peur_du_vide.html


Saviez vous que le vide existenciel de nos vies se traitait fort bien par la logothérapie !! Oui oui c'est vrai, en lisant "Donner un sens à sa vie" on découvre les valeurs qui sont importantes pour soi et on découvre les moyens de se réaliser... Bon je ne suis pas sympa, je raille, mais avouez que c'est un vaste programme... Ceux qui vous proposent cela, des suisses, oui, oui, s'inspirent de notes tout à fait respectables d'un psy qui a passé trois ans en camp de concentration. Qu'il ait eu besoin, lui, de combattre le vide abyssal dans lequel cela l'a plongé, c'est plus qu'émouvant, c'est admirable. Par contre s'approprier ses écrits pour nous aider, nous pauvres victimes de la surconsommation, du jeunisme et d'un culte forcené de l'ego, bof, bof

http://www.educh.ch/logotherapie-frankl.html


Un scoop, toujours grâce à un coach : c'est super, après un passage à vide, on repart plus fort qu'avant, ben voyons, la déprime ça n'existe pas chez les gens qui ont du ressort !! Surtout chez les coachs !!!

http://alaintheriault.blogspot.com/2007/08/le-passage-vide.html


J'ai découvert au passage que le coaching fait l'objet d'un vide juridique inquiétant, mais ça on s'en doutait déjà car gagner tant de fric avec un truc qui n'est finalement qu'un fatras de bons conseils d'une évidence basique, cela ne peut que cacher des escroqueries monumentales... Y a sans doute des coachs sérieux, mais j'ai du mal à prendre au sérieux leurs factures.

Et puis j'ai trouvé ce que je cherchais... Laurence, si nous avions su cela début août on se serait évité bien des ennuis !!! Voilà, vous prenez une française qui vit au Japon (on s'en serait douté, une sorte d'Amélie Nothomb, mais version objets, pas version littéraire... oh celle-là Amélie Nothomb, moi j'en ai ras la casquette... chaque fois je me fais avoir !!! Voilà-ti pas qu'elle vient encore de nous sortir, selon les critiques, son chef d'oeuvre... et voilà-ti pas que je vais finir par le lire... sûr que ça va être comme à chaque fois, je vais râler, toujours la même chose !!) Mais revenons à ns moutons, y compris ceux sous les lits ! Elle commence par vider l'entrée, en ne gardant que ce qui est utile et beau. Ce qu'on aime trop on le photographie et on le range dans la mémoire de l'ordi... bon, bon, ça tient moins de place c'est sûr ! C'est désolant mais je n'ai jamais réussi à voir la suite de l'article, j'espère que vous aurez plus de chance que moi ! J'imagien qu'ensuite elle vire tout ce qui n'est pas strictement nécessaire, des lustres, une simple ampoule suffit, au sommier, un matelas fait parfaitement l'affaire, japon oblige, en passant par la cuisinère et le four à micro onde, y a qu'à manger cru, et bien sûr tous les bouquins sauf celui de notre chère consiellère en vide qui trônera sur l'unique étagère que vous aurez conservé. Au total, une telle séance ne peut se terminer sans examiner votre portefeuille, par définition trop plein et dont notre super coach vous proposera de vous débarasser avec tout son contenu, pour trouver enfin la paix intérieure. Vous imaginez Laurence, si nous avions su cela en début d'été, nous aurions éviter d'emballer, étiqueté, transporter, trier en se prenant la tête, des tonnes de trucs qui nous ont cassé le dos et les reins, et que nous allons devoir jeter maintenant ! Pauvre ignares que nous sommes, nous, pauvres provinciales qui n'avons pas à portée de main de tels gourous pour nous guider vers le dépouillement suprême ! Parce que notre "bon, ça je garde, ça peut toujours servir", elle nous en aurait guéri, vite fait, bien fait !!! Mais moi, toute sotte que je suis, j'ai cnstaté un truc infaillible : vous jetez un objet, et le lendemain, rarement plus tard, vous en avez besoin... et il faut aller en acheter un autre ! Par contre, par contre... AZttention les filles, je me demande si je ne vais pas convoquer cette dame pour mettre le nez dans les cartons et armoires emplies de vos petits trésors (que j'ai précieusement conservés au cas où ils vous auraient été chers)... je devrais être une bonne mère et ne pas vous encombrer de milliers de trucs inutiles et vous apprendre, je cite "une véritable philosophie que l’on apprend peu à peu à pratiquer dans tous les domaines de sa vie"... ben voyons je n'y avais pas pensé, super aussi de faire le vide autour de soi, ça doit être la clé du bonheur !!!

www.psychologies.com/article.cfm/article/2762/J-ai-teste-l-art-du-vide.htm

PS que mettre comme photo pour illustrer cet article ??? Perplexe... Ce sera un coucher de soleil talmondais car ça, au moins, ce n'est pas encombrant ! ça dure quelques minutes et oups, on n'a plus qu'à repasser le lendemain pour une autre image, toujours aussi belle mais différente, d'un... lever de soleil !

lundi 24 septembre 2007

WIFI SUR L'ESTUAIRE

Vous les minettes, cela vous semble évident, Wifi, routeur, réseau local... Moi j'ai d'abord mis un certaiN temps à comprendre de quoi il s'agissait, et c'est en fait fort simple; ensuite je me suis tuyautée pour savoir quel modem commander, et enfin, ce WE j'ai installé le tout... Et miracle, j'y suis même arrivée, toute seule, et re-miracle ça marche... Cela signifie qu'on peut se balader partout avec nos ordis portables, sans fil à la patte, être branché sur Internet sans être sur une prise téléphonique, et même être tous les 2 ensemble sur le net. Un confort d'enfer. Tant que ça marche, car après il faut s'attendre à des problèmes et là, ce sera une autre paire de manches, mais bon, pour le moment ça tourne.

dimanche 23 septembre 2007

NICO ECRIT A NICO

Je viens seulement de la trouver dans mon courrier, vous en avez peut-être entendu parler il y a une dizaine de jours, c'est la lettre de Nicolas Sarkozy aux éducateurs... Bizarre, je ne me pensais pas éducatrice, le mot est quelque peu affadi et impropre, mais bon on ne va pas chipailler pour si peu.
31 pages, il a mis la dose, étange cette manie des lettres qu'à notre chef de l'Etat, les siennes et celles des autres qu'il fait lire à tout propos... Je les ai lues ces 31 pages, et je vous en fais partager, commentaires associés, quelques passages. Je glisse sur l'intro, comment faire autrement que d'y aligner une suite de lieux communs sur notre "beau" métier, et la joie qu'est censée procurer l'épanouissement des esprits et des intellegences. Formulé, c'est un peu bêbête, mais je vous jure que ça a un fond authentique dont on ne prend conscience qu'après, quand on croise d'anciens étudiants devenus des adultes épanouis. On se sent fier alors, quand ils vous disent leur réussite professionnelle, d'avoir joué un petit rôle dans cette histoire.
"Longtemps l'éducation a négligé la personnalité de l'enfant... par une sorte de réaction, depuis quelques décennies, c'est la personnalité de l'enfant qui a été mise au centre de l'éducation au lieu du savoir". "Il serait vain de chercher à ressusciter un âge d'or de l'éducation, de la culture et du savoir qui n'a jamais existé." Il s'agit d'aider nos enfants à devenir des adultes, et non à rester des enfants, remarque qui souligne bien le jeunisme qui affecte notre époque au point de nous inciter, nous adultes, à peluchiser et à pratiquer le look et le lagage "jeune" pour ne pas vieillir. Et il ajoute que "l'estime de soi doit être le principal ressort de cette éducation". Mr Sarkozy insiste ensuite sur le respect réciproque entre maître et élève, l'éveil des consciences, et la notion d'héritage culturel. Il n'hésite pas à condamner le relativisme culturel.
Après de voeux (pieux ?) sur la nécessaire revalorisation du métier d'enseignant, le Président de la République refuse, pêle-mêle, le cloisonnement, l'isolement, l'opposition de différentes formes de savoir. S'élevant contre "une spécialisation souvent excessive et trop précoce", il condamne l'idée "absurde" selon laquelle "celui qui se destinerait aux sciences n'aurait rien à faire de la poésie" ou "celui qui est né dans l'un de ces quartiers difficiles (…) n'aurait pas besoin d'être confronté aux grandes œuvres de l'esprit humain". La technologie ne doit pas occulter la culture générale, au contraire, elle exige plus de capacités d'analyse et d'esprit critique. "Dans le monde tel qu'il est, avec des sollicitations de plus en plus nombreuses et prenantes, nos enfants ont besoin de plus d'humanisme"
La lettre aux "éducateurs" qui s'adresse donc à tous ceux qui s'occupent de jeunes, car les rédacteurs du Président ne peuvent confondre intruction et éducation. Autre problème, elle ne parle que de "l'enfant", alors que l'Education Nationale prend en charge des pré-ados, des ados et de jeunes adultes, ce qui élargit et complexifie les problèmes. Le discours n'est ni flou, ni contradictoire mais reste très prudent. Parler de "refondation" implique une profonde critique de notre système actuel, sauf à se poser en déclaration politicienne qui n'engerait que ceux qui y croient. l'absence de mesures concrètes dont l'énoncé aurait pu entraîner des lévées de bouclier fait pencher pour cette interprétation, auquel cas on en resterait au niveau, fort consensuel des principes généraux, sans véritable implication pratique. La lettre aux grands principes et aux accents vibrants en resterait donc au stade d'une lettre d'intention. L'avenir nous dira ce qu'il en est, sachant que le sujet est, sur le principe consensuel mais dans les applications très conflictuel et donc à manier avec des pincettes.

samedi 22 septembre 2007

AUREOLE OVALE

Je vous ai épargné les superlatifs lors de la défaite contre l'Argentine, puis au moment de la victoire contre les 14 malheureux et valeureux petits Samoans : la victoire ne vaut que si on joue contre un adversaire à sa mesure. Aujourd'hui c'est plus facile de faire un commentaire, car hier c'était bien le cas, même si le score était finalement un peu sévère pour les irlandais. Après tout le tintoin médiatique que nous avons subi, la victoire était propre, le match très convenable et à l'honneur de la France. J'ai eu l'impression hier soir que les français, de se trouver en face d'adversaires "habituels", ni trop fort, ni pas assez, étaient plus à l'aise, mieux dans leur élément et ils ont donné, si ce n'est le meilleur d'eux-mêmes (car il y a eu quelques cafouillis un peu hors de propos), au moins une approche digne de leur niveau. On sait que le mental fait plus de 50% d'un match de rugby et il me semble qu'hier soir cela leur a permis de jouer, enfin.
Quant au tintoin médiatique, je n'ose pas trop m'étendre sur le sujet, mais je dois avouer que mes sentiments sont à ce propos un peu ambivalents. Je me suis, pendant des années, étonnée, voire désolée que le rugby, sport si passionnant pour qui en apprécie les règles, soit si méconnu. Je devrais être heureuse du succès qui est le sien aujourd'hui. Et bien non, cela m'énerve cette avalanche médiatique, ce qui m'exaspère finalement c'est que TOUT, célébrité, intérêt, commentaires, tout passe par les fourches caudines des médias. Si ces derniers décident que le rugby est intéressant, de facto, la France entière s'y intéresse, alors qu'il y a peu Antenne 2 avait grand mérite à diffuser le tournoi des 6 Nations car l'audience en restait presque confidentielle. Faut-il donc qu'on nous dise que penser et qu'apprécier pour qu'un sport ou un événement ait une chance d'être reconnu...
Oui, je sais, le rugby c'est compliqué et le travail d'explication qui a accompagné la diffusion à une échelle nouvelle des matchs était indispensable pour que ce sport soit apprécié du grand public. Oui, je sais, c'était une forme d'élitisme d'aimer le rugby au motif que cela n'intéressait personne... Et je me réjouis vraiment de cet enthousiasme. Je souhaite de tout coeur que cet engouement ne s'accompagne pas des déviations (pour parler pudique) susceptibles d'apparaître dans certains mouvements de foule. J'espère ardemment que cette frénésie ne dénaturera pas l'esprit du rugby, et reconnais bien volontiers, pour ne pas jouer les Cassandre, que, pour le moment, le rugby y a surtout gagné... Des règles plus claires, un jeu plus précis, un professionnalisme qui a grandement amélioré le spectacle, rien à dire, tout est pour le mieux dans le monde de l'Ovalie. Je ne sais si Notre Dame du Rugby veille toujours sur les stades, mais hier soir, elle était bleue et avait une auréole ovale, comme sur le vitrail de la petite chapelle landaise !!!! Gardons un peu de terroir dans ce jeu maintenant hexagonal et souhaitons que cela reste "un sport de voyous pratiqué par des gentlemen".

vendredi 21 septembre 2007

IL Y A 6 ANS AZF TOULOUSE

C'est un sujet grave et un anniversaire dramatique pour tous ceux qui y ont perdu un proche, pour tous ceux qui ont participé aux secours, pour ceux même qui l'ont vécu de près ou de loin. Un jour dont nous nous souvenons tous, même si nous étions fort loin du lieu de la catastrophe(je me souviens en particulier de l'angoisse d'amies dont les filles étaient à Toulouse) . Les esprits étaient inquiets à la suite du 11 septembre et les nouvelles tellement alarmistes ce jour-là que beaucoup de bêtises ont été dites.
Je fais simplement mémoire aujoud'hui et vous renvoie à un site qui recence toute la documentation possible sur le drame.

jeudi 20 septembre 2007

SUPER BOND 007

2007... j'étais persuadée au moment des voeux que ce serait l'année mythique, celle de toutes les aventures et de toutes les audaces. En fait d'aventures, cela a plutôt été jusqu'ici une année de mésaventures, mais aujourd'hui, enfin, elle métite son nom... Pour me recoller un inlay récalcitrant qui passe son temps à quitter sa cavité, Michel a commandé tout exprès pour moi une super colle dont on attend une prise hors du commun et des résultats mirifiques, et, il était temps que quelque chose se passe en 2007, elle se nomme la "Super Bond"... Me voilà donc parée pour affronter avec brio et sourire aux lèvres les quelques mois restant de cette année déjà bien amochée !!! Allons, je sais, la vie est belle, la preuve ? Regardez le décor quand je vais travailler le matin... cela vous donne du coeur au ventre un rideau de théâtre pareil !

Et puis, pour me préparer au supplice de la super bond, Michel m'a invitée à la Gourmandière, déjeuner au soleil sur la terrasse, et ce soir nous avons retrouvé avec délices le restaurant d'application du lycée de Royan et ses variations gastronomiques. Et j'oserais me plaindre et dire que l'année 2007 est une année pénible ? Non, ce serait absurde. Vive l'année 007 !

mercredi 19 septembre 2007

AVALANCHE

Même si nous sommes partis pour un bon mois d'émotions rugbystiques, je ne vais pas vous parler des matchs de chaque jour... Même si nous venons de voir quelques superbes matchs dont mon préféré reste pour le moment Nouvelle Zélande Italie, il me faut trouver des petites anecdotes à vous raconter pour varier l'inspiration sous peine de vous faire un blog rugby !
L'autre matin, j'allais faire du démarchage en agences immobilères pour tenter de trouver des patrons d'apprentissage aux futurs étudiants de BTS professions immobilères que le lycée de Pons ouvre à la rentrée. D'habitude cela va assez vite, c'est non, ou oui, et quand c'est oui, en général ils connaissent la formule. Ce matin, une vraie cata... Ils avaient tous une envie furieuse de parler, de s'épancher, de raconter leur vie et leurs états d'âme, c'est fou ce que les gens aiment raconter leurs états d'âme à de parfaits inconnus !! Le plus hard, cela a été le dernier, je suis ressortie de chez lui hagarde. Pendant 30 minutes, montre en main, il m'a raconté TOUTE sa vie... ou presque, j'ai échappé aux détails intimes de justesse, en évitant très soigneusement de lui poser des questions. Au bout d'une demie-heure, je connaissais son passé, ses études, son parcours, son entreprise, comment il avait créé ses agences, ses filles, leur âge, les petits enfants, leurs études, leur boulot, sa femme, le métier de sa femme, les collègues de sa femme, l'ancienneté et le caractère de tous ses collaborateurs, l'état du marché immobilier sur Royan, et j'en passe. Il parlait, parlait, parlait, avec aisance et une certaine élégance, à un rythme soutenu et sans reprendre haleine. Je me demandais juste comment interrompre ce flot... Et je souriais, pour ne pas l'activer, et il continuait. La retraite, ses démêlés avec l'URSSAF, l'ANPE, ses projets... j'en passe et des meilleures... Je ne sais pas comment j'ai pu m'en sortir, mais j'ai mis un bon moment à reprendre pied dans le réel. Il était fort sympathique cet homme, mais tout de même, au bout d'une demie-heure je connaissais de lui beaucoup plus de choses que je n'en connaîtrai jamais d'amis proches. Cela avait quelque chose d'hallucinant. J'avoue m'être posé des questions, cela m'était-il réservé, car à ce moment-là il était en verve, ou en peine de s'épancher ? Ou fait-il ainsi avec tous ses clients ? Mais alors comment a-t-il pu réussir aussi brillamment ? Et surtout comment peut-on se livrer ainsi, avec une telle ardeur, et de façon ininterrompue, sans même reprendre haleine ? Mystère...

lundi 17 septembre 2007

TONTON ON T'ATTEND A MATATA

Tonton t'es là ?? Coucou... Matata c'est juste à côté et on va y manger de très bonnes crêpes... Les filles s'en souviennent peut-être, nous y étions venus un jour, il y a pas mal d'années, alors que nous ne savions pas encore que nous achèterions cette maison de Meschers... Et toi, tonton, tu y es venu il y a plus encore, j'étais toute petite à l'époque... Je ne sais plus si on y avait mangé ou simplement visité la grotte... Et forcément son nom nous avait bien fait rire et est resté dans les archives familiales... Elle est toujours là, et elle t'attend...
J'avais, pour te donner envie de venir, pris quelques photos lorsque nous sommes allés y déjeuner lundi, mais voilà, j'ai un nouvel ordi, un nouveau téléphone et j'ai voulu faire moderne, transférer les photos directement sans fil, par bluetooth... ça pose, non ? Sauf que j'ai fait une fausse manip et j'ai perdu les photos de Matata... Alors tant pis, ce seront d'autres photos du WE que tu auras tonton... Car notre estuaire, il est plein de petits coins délicieux, que nous aurons plaisir à te faire découvrir aussi !!!

Ici, aux Monards, on est prié de laisser passer les canards...
Toujours aux Monards, Le bonheur est dans le pré !!!

Le pré, justement le voilà ! Avec ses petits chevaux blancs sur fond de falaise assortie !

Michel et Nico, absolument ravis après un bain de boue mémorable, Nico jusqu'au ventre, Michel jusqu'aux chevilles !!

Le soir au bout de la balade de Port Maubert

LES FILMS DU WEEK END


Tu veux aller voir un dessin animé ?? Ben oui, moi j'étais d'accord, je n'aime pas trop les films trop durs ou trop intellos, alors un dessin animé, ok. Certes en arrivant cela m'a surprise : beaucoup de monde mais que des têtes blanches, bien qu'on soit samedi soir. Normal, Persepolis c'est, raconté à travers les enthousiasmes et les espoirs d'une adorable gamine à la langue bien pendue, les espoirs nés à la suite de la Révolution islamique et la chute du Shah... Les absurdités, les déceptions et les cruautés du nouveau régime islamique sont racontées de façon drôle et poignante. Les personnages, simplement dessinés au trait, ont de l'épaisseur, du caractère et sont tous les acteurs désespérés de cette farce amère qu'est la dictature en Iran. Vraiment envie d'applaudir à la fin.
Une autre comédie ce week-end, drôle et tendre "Caramel". Le film est dédié à "ma ville de Beyrouth", et c'est sensible et plein d'humanité. On y suit 5 femmes, le contexte politique est traité en filigranne, et même le côté comédie sociale est traité avec délicatesse. La charge n'est jamais lourde et le sourire toujours présent. Les prises de vue sont très belles sans jamais être esthétisantes, et Beyrouth est là, qui vibre et colle au coeur comme un caramel citroné, doux-amer ! Car il faut rajouter du citron dans la mixture brûlante qui sert à l'épilation, activité sensuelle et féminine qui pourtant va s'attaquer à un des rares hommes du film, le transformant en sosie jeune de Mastroiani ! Un film tendre et subtil à voir si vous en avez l'occasion !

samedi 15 septembre 2007

A BON PORT

Ce matin, bien décidée à ne pas mourir idiote, je me dirige aux petites heures (!! bof bof enfin vers 9h, foskifo !!) vers la criée de Royan : on m'a dit que, comme sur le port de Marseille ou sur celui des Seychelles, enfin comme dans tous les ports du monde, les pêcheurs vendaient en direct leur pêche à des prix défiant toute concurrence. Pas très convaincant l'exercice, en fait il n'y a rien ce matin, et les prix s'ils défient la concurrence, c'est plutôt à la hausse. Il ne faut pas en tirer de conclusion hâtive, j'imagine que cela peut être intéressant à certains moments quand la pêche est bonne et le poisson abondant. Il doit falloir être assidu et attentif.
J'achèterai donc mon poisson chez Jean Luc, mon poissonnier habituel, et en attendant, quitte à être à la criée, je vais boire un café à la terrasse d'un bistrot dont la vue sur le port est parfaite. Café et un croissant s'il vous plaît. Le café arrive, pas le croissant... On est allé le chercher à la boulangerie. Bon, pas de problème, les bateaux qui rentrent et sortent du port, le soleil qui joue sur l'eau, les gens qui débarquent du bac pour la pointe de Blaye, le spectacle est sympa... Mais le temps passe, malgré mes signes désespérés, toujours pas de croissant. Je finis par décider de lever le camp, mais avant de partir, réclame "mon" croissant... Le barman s'empare de son téléphone fixe, oreille gauche, de son téléphone portable, oreille droite, s'affole dans ses touches, court les deux appareils coincés contre l'épaule... pour finir par se diriger vers les cuisines, et en ressortir avec une grande panière : en fait, les croissants étaient là, à bon port, depuis bien avant mon arrivée ! J'ai juste regretté qu'il ne m'en offre pas un deuxième pour se faire pardonner !

vendredi 14 septembre 2007

VIVE LA TECHNIQUE

La journée d'hier a été particulièrement désagréable pour moi du point de vue technique : non contente de constater que mon ordi, à peine plus d'un an d'âge, était, sinon en panne, au moins bien fragilisé et prêt à me lacher d'un instant à l'autre, il m'a fallu admettre que mon téléphone portable était, à peine plus d'un an d'âge aussi, complètement hors service. Secoué, sollicité, démonté, remonté, mis au frigo, rien n'y a fait. Donc ce matin, dès la première heure, on est accro ou on ne l'est pas, direction l'agence France Télécom de Royan. Première surprise, le magasin était déjà plein. Armée de patience, il m'a tout de même fallu deux heures pour que le diagnostic fatal soit posé, et le téléphone changé. J'ai donc pu tout à loisir contempler mes semblables dans leur rapport, étrange je l'avoue, avec ce nouvel instrument qui est devenu pour tous une véritable prothèse... Tous, ou presque puisqu'il existe encore quelques récalcitrants... Michel, après un rendez-vous raté spectaculaire, m'a fait une crise hier sous prétexte que je l'aurais privé de ce précieux petit boîtier, avant d'admettre qu'en fait il n'en veut sous aucun prétexte.
Revenons aux clients de la boutique de téléphone. Une dame, armée de son téléphone fixe, prétendait qu'il était hors d'usage. Le technicien le teste, il marchait. Il en conclut que c'était la ligne qui posait problème. Vérification faite, cette brave dame venait chez France Télécom réclamer du SAV, mais était cliente chez un autre opérateur. On croit rêver !! Au magasin, une jeune femme passe un bon quart d'heure à expliquer à un péquin les arcanes d'une formule d'abonnement. Il se décide enfin, elle ouvre le dossier, et lui demande un RIB, il n'a pas son carnet de chèque... sa carte bleue alors ? il ne l'a pas non plus... Il est venu s'abonner, mais sans moyen de paiement... On hallucine... Mais le plus extravagant ce sont ceux qui, cheveux gris et n'écoutant rien de ce qu'on leur disait, répétant en boucle "oh mais moi, je n'y connais rien" venir se faire effacer des sms. Je vous promets, c'est arrivé trois fois, oui trois !!! "Y a un truc, là, une petite enveloppe, vous pouvez me l'enlever ?"... Les vendeurs, sympas et pédagogues, montrent, expliquent, suppriment, font refaire la manip... De toute évidence la seule chose qui intéressait les clients c'était la suppression de l'enveloppe. Le contenu du sms ? Surtout pas, de toute évidence ils ne les avaient pas lus et ne voulaient pas en connaître la teneur. La perspective d'utiliser le service de messagerie, encore moins. Et pendant ce temps, la queue s'allongeait. Quand on voit la multiplicité des services qu'offrent les portables, la simplicité des menus totalement intuitifs à conditions d'y prêter un minimum d'attention, on se dit que le fossé des générations n'a pas fini de se creuser et qu'on entendra encore longtemps des têtes grises affirmer avec entêtement "ouh là là, mais moi je n'y connais rien". Heureusement que certains ont à coeur de s'y mettre, et ils témoigneraient volontiers qu'avec simplement un peu de bonne volonté on y arrive très vite ! Ce n'est pas parce qu'on est à la retraite qu'il faut répéter en boucle "oh moi je n'y connais rien", ou alors on s'abstient, après tout le téléphone portable ou l'ordinateur, ou la box, cela n'a rien d'obligatoire. Mais bien sûr, la télé vous en rabat les oreilles à longueur de spots, et on finit par se laisser tenter.

mercredi 12 septembre 2007

VENISE ET LES HISTOIRES D'AMOUR


Je n'ai pas trop de temps pour lire en ce moment, et pas de véritable découverte : je suis plongée dans un bouquin assez dense dYvon Toussaint, le Manuscrit de la Guidecca, qui date de 2001. Le cardinal Girolamo Aleandro vient de mourir dans son palais vénitien. Son domestique découvre son autobiographie et nous la livre. Cet homme d'église qui a rencontré les plus grands noms de l’époque : Charles-Quint, François Ier, Luther, contre lequel il combattra des années durant, mais surtout Érasme, nous plonge dans l'Europe renaissante du 16ème siècle. En effet, si l'histoire commence à Venise, elle se développe allègrement, au gré des ambitions dévorantes et pas toujours très scrupuleuses du personnage entre Rome, la Principauté de Liège, tiraillée entre Empire germanique et sympathies françaises, Bruxelles où siège la cour de Charles-Quint, Anvers et l’Allemagne de Luther. On quitte donc vite la Guidecca, citée ici juste pour évoquer quelques souvenirs nostalgiques de nos vacances automnales !
Pour autant, c'est bien de lecture que je voulais vous parler, et en particulier du petit recueil éliptique que Marie m'a prêté (80 pages à peine), et que j'ai prêté à Hélène : "L'amour est très surestimé". Quelques nouvelles brèves et limpides d'une certaine Beatrice Giraud, dont le propos se résume assez bien dans le titre : les histoires d'amour finissent, toujours, et mal de surcroît. Et elle nous le démontre, avec une légèreté affable (mais qui cache, je le crois, une grande amertume), un style agréable et diététique, et une élégance de plume séduisante mais grinçante. Sa plume est précise, elle évite les débordements et autres déraillements sentimentaux qui enliseraient son propos. Et elle décrit, non sans cruauté, des idylles qui expirent, pour différentes raisons, choisies ou subies, prévisibles ou accidentelles. C'est bien écrit, et ce serait presque convaincant si ce n'était terriblement "tendance" : désabusé, sans repère et sans illusion, un peu trop à l'écart de ce qui, tout modernes que nous soyons, nous fait encore vivre et vibrer... Alors les filles, je vous en prie, ne la croyez pas, elle raconte n'importe quoi, ou elle ne sait pas, ou elle a oublié, ou enfin elle se la joue avertie et revenue de tout. Elle ment, c'est sûr, la vie, celle de nos tripes et de nos histoires d'amour, réussies ou ratées, vivantes ou mortes, elle a plus de saveur, plus de profondeur, plus d'étoffe que cela. Ne vous laissez pas berner par ce désenchantement ambiant, il est de bon aloi, mais dangereux pour l'âme.
Alors, histoire finalement de rester à Venise, je vous propose l'adresse de 2 sites consacrés à Dona Leon, notre auteure de polar américaine qui parle si bien de la lagune, et dont le commissaire Brunetti est l'exact contraire d'un désabusé post moderne, un homme complexe, riche d'émotions et de joies simples mais évidentes, dont le coeur et les sentiments ressemblent finalement bien plus aux nôtres. C'est Caroline qui m'a transmis cette adresse, merci à elle, d'autant que vous y trouverez les futurs titres de Dona Leon qui nous feront bientôt retourner à Venise (à moins que vous ne décidiez de les lire en anglais !)

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lundi 10 septembre 2007

DIS C'EST LUNDI ...

Un lundi ordinaire, studieux mais agréable. Travail, préparation des cours pour la semaine, enfin une partie de la semaine car j'ai carrément passé 2 jours pour faire 2h de cours (enfin j'espère secrètement que cela durera au moins 4h !). Plage car il fait enfin beau, vraiment et c'est la saison d'aller lézarder sur le sable, de se tremper un peu dans l'eau fraîche, de contempler le soleil sur l'estuaire, tout en lisant un magazine. Soir sur la terrasse, avec Sauternes et soleil couchant. Demain la semaine recommence et avec elle, sa multitude de taches diverses et, positivons, variées. Ben oui, c'est pas forcément monotone d'être prof...

dimanche 9 septembre 2007

COUP DE POING

Non, je ne vais pas, encore, vous parler de rugby... D'ailleurs c'est bien connu, le rugby c'est un sport de gentlemen et les règlements de comptes y sont des pécadilles. Il suffisait, pour s'en convaincre, de regarder Samoa Afrique du Sud, un superbe spectacle hyper musclé, dans lequel les contacts, comme on dit pudiquement, relevaient de l'anecdote.

Non, je vais vous parler de 4 mois, 3 jours, 2 heures, la palme incontestée et incontestable de Cannes. La grande question est de savoir si c'est, ou non, un film sur l'avortement. Le réalisateur le nie avec la dernière énergie, histoire sans doute de faire dans le paradoxe puisque la seule histoire qu'il y narre est celle de cette interruption tardive de grossesse vécue dans la Roumanie des années Caucescu par deux filles, paumées et victimes d'un système inutilement et absurdement écrasant. Pour moi, c'est un film sur l'amitié, sur une conception unilatérale et absolue de l'amitié. Et le déchirement de la solitude, constatée comme une inéluctable issue. Et la phrase la plus déchirante du film est celle où l'héroïne, qui s'engage au-delà du supportable pour aider sa compagne, dit à son fiancé "toi, tu ne ferais rien pour moi, Gabriela, elle, je sais que je peux compter sur elle si j'ai un ennui". Et à ce moment-là, bien que le dénouement n'ait pas eu lieu, nous savons qu'elle se trompe du tout au tout : cette Gabita légère et inconstante, menteuse et roublarde, qui joue les ingénues alors qu'elle n'a pas une once de candeur et que pour elle tout n'est finalement que prétexte à extorquer de l'autre un maximum, ne bougerait pas un cil pour aider son amie Ottila qui se sacrifie pour elle. Ce fossé hallucinant qui sépare les deux femmes est la plaie ouverte d'une société, sans doute totalitaire et confinant à l'accumulation d'inutiles brimades, mais c'est une plaie ouverte qui n'a ni frontières ni idéaux politiques, c'est la plaie ouverte de la nature humaine. Tout le reste suit, s'aggrave, s'intensifie au fil des civilisations, mais ce qui se heurte dans ce film c'est la charité, au sens humaniste du terme (s'il existe, n'en déplaise aux philosophes), et l'indifférence, dans sa valeur tout simplement universelle.

Après ? Ce film fait mal, très pénible pour toute femme ayant ou ayant eu des problèmes de procréation, et nombreuses sont les femmes qui en ont eu, sous toutes les formes et pas seulement l'avortement. C'est insoutenable et traumatisant. Fallait-il, alors que le film joue de l'élipse avec talent et efficacité au moment du viol, car il s'agit bien d'un viol, évoqué par de multiples traits après qu'il ait été perpétré, fallait-il imposer ces images chocs, que d'ailleurs je n'ai pas vues, mais malheureusement fort bien imaginées ? Au nom de quelle esthétique a-t-on le droit de tout montrer dans un souci d'efficacité ? Je n'ai pas regardé et pourtant, dans la scène suivante qui est un vrai chef d'oeuvre d'angoisse et de terreur mêlées, j'ai craqué et j'ai quitté la salle. Trop de tension, trop de malaise, j'avais le coeur en cascade et le corps révulsé. J'ai ainsi raté les dernières images, qui sont la conclusion logique et honorable de cette histoire banalement extraordinaire et insupportablement ordinaire. Je hais la souffrance sous toutes ses formes et je ne suis pas convaincue qu'il ait été nécessaire de la dépeindre de façn aussi crue, au risque de traumatiser certaines femmes qui, en tant que spectatrices, ont droit au respect de leur sensibilité. Ce qui n'enlève rien au film qui est réalisé avec un indéniable et incontestable talent.

samedi 8 septembre 2007

RUGBY CHAMPI... PAS CHAMPAGNE ;-(

Heureusement qu'il y avait les mojitos. Parce que la soirée avait plus le goût d'une veillée funèbre après un accident que d'une fête entre amis. On a passé la soirée à essayer de comprendre ce qui se passait, pourquoi le jeu était si serré et si maladroit, pourquoi finalement tout était raté. On a tout incriminer, la pression médiatique, le tapage absurde mené autour d'un jeu où le mental fait 50% de la réussite, les choix tactiques de Laporte, l'arbitre, qui en fait était correct, les joueurs, qui n'avaient pas grand chose à se reprocher, sauf peut-être Martin. Nous égrenions les suppositions, les regrets, les "c'est pas vrai, c'est pas possible", en vain... Certes la deuxième mi-temps a été moins serrée du gousset que la première et le jeu s'est un peu aéré. Mais que d'erreurs, que de fautes, et au final, que de tristesse. Le jeu des argentins, ces chandelles répétées jusqu'à l'absurde, a été ennuyeux mais payant, finalement c'est tout ce qu'il leur fallait pour gagner. Ils n'ont pas fait grand chose, mais ils l'ont fait correctement.Les français, eux ont été aussi brouillons que le soi-disant spectacle d'ouverture, ils se sont mis la pression tout seuls, soudain confrontés à la réalité du terrrain. Peut-être qu'ils avaient vécus dans une bulle pendant leur semaine d'entraînement, et que leur soi-disant préparation psychologique était trop éthérée.
Quant à nous, nous avons compris dès la première minute que quelque chose clochait. L'ambiance n'y était pas, et quand l'effet des mojitos s'est estompé, nous étions tous un peu abattus, même Gilles qui pourtant n'est pas un afficionado. Et en plus, on a mangé froid, à la mi-temps, sans grand appétit. Il y aura beaucoup d'autres matchs, et beaucoup d'autres moments agréables. On peut même prévoir que les matchs les plus passionnants, les plus ouverts, seront les matchs déséquilibrés, ceux qui opposeront les petites équipes qui n'ont rien à perdre aux géants qui n'auront pour toute mission qu'à bien jouer. On peut prévoir aussi que Michel et Marc vont devenir inséparables dans les semaines à venir, depuis qu'ils sont tous les deux du club des "stentés", il va falloir rester vigilantes, Françoise et moi... Pour peu qu'il pleuve un peu et que quelques cèpes montrent leur nez dans les bois de la contrée, ce sera le matin champignons, l'après-midi matchs et le soir commentaires !

jeudi 6 septembre 2007

6 SEPTEMBRE 2007 20H30


Moment rare, soir attendu depuis quelques jours avec attention ! Nous sommes à table, le temps est doux et calme, nous surveillons le coucher du soleil... C'est pour ce soir... Cela dure environ 3 minutes, car le soleil quand il amorce sa descente sur l'océan plonge littéralement comme une grosse orange lancée par un enfant impatient... Impatient mais adroit. Chaque soir, il l'envoie un peu plus près de l'estuaire et ce soir, précisément, la chute a lieu derrière le phare de Cordouan. Cela arrive 2 fois par an, pas plus, et il nous faudra maintenant attendre 6 mois avant d'avoir ce nouveau spectacle (si le temps le permet en mars prochain).
J'ai voulu prendre une photo pour vous le faire partager mais le résutltat est pitoyable. En effet, avec la malignité inconsidérée mais absolue que présentent les objets et les choses, mon appareil photo était, bien sûr, déchargé. Alors c'est avec mon portable que j'ai commis l'image bien peu évcatrice dont j'illustre ce petit clin d'oeil. Mais, promis, l'an prochain je me prépare, et clic, au bon moment, j'immortalise ce moment.

mercredi 5 septembre 2007

C'EST PAS TOUT ROSE !

Alors, "ils" sont comment ?? Question que vous me posez traditionnellement lors de chaque rentrée, connaissant d'avance la réponse, "ben ils ont l'air pas mal", réponse qui sera suivie d'un chapelet ininterrompu de litanies sur le mode mineur, parfois de plus en plus mineur d'ailleurs au fur et à mesure que l'année passera et que les examens approcheront. Ben oui, le premier jour "ils" sont sympas, attentifs et ont même l'air d'être parfaitement d'accord avec mes exhortations au travail. Moi, naïvement, je suis persuadée que je vais les convaincre, mais dès le premier jour je tombe de haut : par exemple là, je leur ai fortement, fermement recommandé, pour eux, de faire 3 jours de stage de plus, 3 jours à prendre sur leurs vacances. J'étais tellement persuadée d'avoir été convaincante que j'avais presque des remords. Je m'attendais à ce que tous renoncent à 3 jours de vacances pour faire un stage de 4 semaines entières. Ben c'est le métier qui rentre, sur 28, seulement 5 ont l'intention de suivre mon conseil. Faut dire que les vacances, c'est sacré par les temps qui courent et qui manquent singulièrement de sacré justement.
Quant au reste, c'est hyper speed, parce que nous ouvrons deux formations et qu'aucune d'entre elle n'est pleine. Donc il faut faire du porte à porte, trouver des contrats d'apprentissage, dégoter des étudiants, faire des relations publiques, faire circuler l'information, bref, faire tout autre chose que ce qui devrait m'occuper en ce moment. Et qui occupe mes collègues : au demeurant, faire des cours. Alors depuis lundi je suis sur la brèche et j'essaie de "vendre" mon lycée... Et je me dis, en recueillant les réactions des uns et des autres, employeurs, étudiants, conseillers d'information, que nous avons beaucoup de soucis à nous faire dans l'Education Nationale, si nous ne réagissons pas vite. Beaucoup d'organismes de formation, privés, en particulier sur internet, ont les dents très longues, une mentalité de gagneurs et un bifteck à défendre. Ils ont bien compris que le marché de la formation est à prendre, voire dans un premier temps, à conquérir. Et ils ont un discours et surtout une attitude commerciale bien plus agressive que nous. Nous, nous avons l'habitude d'arriver dans une classe pleine, sans avoir eu à s'inquiéter de son remplissage, de nous plaindre qu'elle soit surchargée, et de véhiculer une image un peu ringarde, un peu tristounette de l'enseignement. Les jeunes qui ont été collés n'ont presque jamais envie de revenir, ils préfèrent les cours par correspondance, les cours sur le net, bref, l'offre est tellement plus alléchante. Et un jour, nous allons nous retrouver devant des fermetures de postes, et tout ce que nous serons capables de faire, ce sera de pleurer, sans avoir même l'idée de nous remettre en cause. Comme si nos postes et nos formations étaient des acquis dont on nous aurait induement privés. Parfois, j'ai l'impression que cela va bouger, mais je crois que les vacances sont pour nous très démotivantes, et si, au mois de juin, tout le monde est bourré de bonnes idées, en septembre, toute notre énergie est partie, et nous devenons passifs. Dommage car l'avenir n'est plus aussi rose qu'il l'a été pour les profs qui, c'est sûr, adoraient le rose !!

lundi 3 septembre 2007

DIMANCHE AU PORT

Promenade dominicale vers le port de Meschers, par la route en corniche sur les falaises... On passe devant Regulus, Matata, les petits jardins au-dessus de l'estuaire... Au loin Talmont, dans le soleil qui commence à décliner... La marée est très basse, le temps doux et serein. Arrivés au port, un attroupement... Des dizaines de badauds... Sur la pente de remontée des bateaux un véhicule avec son attelage, et au bout du filin, un minuscule bateau, vieux comme tout, tombe dangereusement vers l'arrière. Le propriétaire de cette improbable embarcation s'active fébrilement, tente d'enrouler le filin qui résiste, essaye de redresser la coque qui penche de plus en plus vers l'eau. Près de lui, sa femme, main sur les hanches, regarde, commente et s'interroge. Autour, à une distance respectueuse, les badauds, de plus en plus nombreux, badent... et rient. Rien en se passe, on regarde. On a l'impression qu'ils ont décidé d'attendre que la marée monte pour hisser le bateau sur son attelage. Finalement, arrive le sauveur, en combinaison de plongée pas moins. Il donne quelques instructions, dirige la manoeuvre, fait ôter le moteur, et notre bon plaisancier extrait enfin sa coque de noix de l'eau. On s'ennuie à Meschers le dimanche et croyez moi, le spectacle, du coup, a eu son franc succès !! Quant à nous, il nous a convaincus que le bateau, bof bof !! De toute façon, faut être retraité pour faire ça... Quand trouverions-nous le temps de nous livrer à pareil exercice ? Et franchement, être ainsi le sujet d'un attroupement rigolard et amusé, cela nous a un peu refroidis.

dimanche 2 septembre 2007

TUNING A ST G

Les anciens lecteurs du Petit Re s'en souviennent peut-être, les filles sûrement : nos 205 furent l'objet à une époque d'un racket organisé assez déplaisant, on nous volait nos capots devant la maison la nuit. Nous avions à cette occasion découvert une pratique surprenante, le tuning. Il s'agit afin de personnaliser son véhicule de base, ou simplement de frimer, de le couvrir d'accessoires jusqu'à l'obtention d'un objet rutilant et vaguement tonitruant, le tuning faisant rarement dans la dentelle. J'ai appris que cela s'applique aussi aux logiciels (paramétrage fin d'une application) qu'aux matériels (changement du boitier, câbles et ventilateurs lumineux...). Bref, nos capots délavés de voitures automatiques, avaient semblent-il le mérite d'être légèrement plus haut que les capots traditionnels de 205, et c'est ce qui motivait les rapines nocturnes. Ce que comprenant nous avons décidé de remplacer les derniers par des capots normaux, et mal nous en prit, car de rage, nos émules de tuning ont volé et brûlé notre pauvre 205.
Et voilà que ce matin à Saint Georges de Didonne, se tenait une manifestation tout ce qu'il y a de plus officielle de tuning, avec stands de vente d'accessoires, véhicules hypertrophiés, et une multitude impressionnante de coupes aux teintes fluos du plus mauvais goût, destinées aux heureux gagnants de la compétition qui se préparait à grand renfort de chiffons lustreurs et de chamoisines. Je ne pouvais pas faire moins que de vous montrer du tuning pour de vrai, mais croyez-vous vraiment que nos vieux capots ont fini avoir, un jour, cette allure ???

LE BARBERSHOP DE BLAYE

Après avoir infligé à Lénou le supplice traditionnel de l’accompagnement en gare entre papa et maman, (sans le chien, ouf !!)… après avoir longuement dit au revoir par téléphone à Marie qui embarquait vers 15 heures à destination des Seychelles, il nous fallait bien sécher nos larmes et reprendre notre quotidien. La saison est au Festival de Blaye, le 18ème quand même, et même s’il nous arrive de déplorer « qu’il ne soit plus ce qu’il était » l’endroit reste toujours magique et nous aimons bien aller y passer une soirée au moins.

Nous sommes donc partis, par la route côtière de l’estuaire, sans le tomtom, ce qui nous a valu de nous perdre et de errer dans les marais et les petits ports qui font tout le charme de cette promenade. Le temps était de la partie et la promenade vraiment magnifique. A Blaye, l’inorganisation passée à l’état de système qui a remplacé le joyeux happening des premiers temps, nous a valu quelques attentes disproportionnées et totalement incongrues. Mais bon, nous nous sommes inscrits avec patience sur les listes d’attente et avons ainsi pu voir les 2 spectacles prévus.Mise en scène comme un opéra, Vienne 1913 parle avec intelligence et finesse du creuset culturel et politique qu’était la capitale autrichienne d’avant-guerre. Les comédiens forment l’orchestre en se plaçant dès leur entrée en scène derrière leur pupitre où les attend leur livret. Une conteuse joue les chefs d’orchestre pour mettre l’histoire en mouvement et tracer d’un trait ou d’une indication l’atmosphère. L’espace quasi nu ne se remplit que de l’échange des comédiens, tantôt solistes, tantôt faisant partie du chœur, deux mezzo-sopranos accompagnent de leur voix les comédiens. Le texte, riche et subtil, fait se côtoyer artistes et intellectuels de tous bords. Hugo, qui fait partie de la jeunesse dorée viennoise, rencontre Adolphe, la pauvreté comme seul bagage. Leur point commun ? Tous les deux sont des désillusionnés de ce siècle qui marche sans eux. Tous les deux sont sur une corde raide et peuvent basculer à tout moment d’un côté ou de l’autre. Hugo affiche un antisémitisme obsessionnel, Adolphe un absolutisme épris de justice. Pour soigner son mal de vivre, Hugo, sur les conseils du psychanalyste et ami de la famille, Jung, va consulter Freud pour mettre son inconscient à nu. Quant à Adolphe, ce n’est pas son inconscient mais sa conscience politique qui va s’éveiller aux idées de surhomme et à la propagande pangermaniste. Le propos annonce en pointillé l’émergence du nazisme. En fond, discrète, une musique jouée sur des instruments en verre traduit la fragilité de cette époque qui peut voler en éclat à tout moment.

http://www.oedipe.org/fr/spectacle/vienne1913

La mise en scène était parfaite, les acteurs très justes et le rythme impeccable. Nous avons ainsi découvert un nouvel auteur, Alain Didier-Weill, un metteur en scène, Jean-Luc Paliès, et une compagnie, Influenscènes. Le spectacle nous avait été chaudement recommandé par des festivaliers d’Avignon dont nous semblions partager les goûts, exercice toujours hautement périlleux, mais qui s’est révélé en l’espère d’autant plus réussi que la simple lecture du synopsis nous inquiétait et ne nous aurait guère incités à aller voir cet excellente pièce.

Ensuite nous avopns terminé la soirée en cabaret concert avec un groupe vocal a cappella, le Barbershop Quartet. Ils s’inspirent d’un style musical né dans les boutiques de coiffeurs pour hommes aux Etats Unis : pour tromper leur attente, les clients y entonnaient et improvisaient à plusieurs voix des chansons en vogue. Le genre a fini s’imposer en tant que tel, mais il reste peu connu en France. Leurs interprétations sont étonnantes de virtuosité, de précision technique et de drôlerie. Ils couvrent tous les styles, de l’univers sucré et décalé des classiques américains dont ils se réclament, aux interprétations françaises, classiques, hip hop, pastiches et interprétations humoristiques diverses. Hier nous avons savouré leur méli mélo sur le métro, qui leur permet à travers les musiques qu’on entend aux coins des couloirs, de faire une véritable rétrospective musicale, un peu comme dans la ragga des banlieues( voir ci-dessous). Nous les avions découverts lors de la fête de la musique l’an dernier à Royan et les avons revus avec un égal plaisir.

http://razorland55.free.fr/barber_music.htm sur le style barbershop

http://www.barber-shop-quartet.com/ le site du groupe : je vous recommande vivement d’aller voir leurs vidéos, n’hésitez pas à visionner la 5ème vidéo, ragga des banlieues !

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